Sources du Saladis : l’étonnant bassin qui bouillonne
- Par Nature Source Chaude
- Publié le
- Mis à jour le 10 août 2026
Aux Martres-de-Veyre, les sources du Saladis se trouvent au bord de l’Allier, dans un large méandre. Leur eau vient de circulations profondes : elle remonte chargée en gaz carbonique, en fer et en sels minéraux, avant d’apparaître dans les terrains alluviaux proches de la rivière.
Le Grand Saladis se présente comme une vaste mare aux contours irréguliers, où le gaz carbonique remonte par endroits en petits bouillonnements. Le Petit Saladis, juste à côté, prend la forme d’une résurgence aménagée, aujourd’hui mise en valeur par un bloc de granit. Ce sont les deux sources minérales les plus connues et les plus accessibles des Martres-de-Veyre.
AU SOMMAIRE :
Le site : du bassin visible aux rives de l’Allier
Depuis le parking, l’accès aux sources du Saladis est immédiat. On arrive juste à côté des deux sources : le Grand Saladis, avec son bassin, et le Petit Saladis, avec son bloc de granit.
En poursuivant à gauche des sources, on rejoint rapidement la berge de l’Allier. Ce petit détour permet surtout d’approcher la rivière et d’observer, par endroits, des suintements d’eau minérale au bord de l’eau.
Un aménagement pour protéger les abords
Sur le site, l’aménagement reste très simple : une calade en pierre guide le passage jusqu’à une petite plateforme en bois. On peut ainsi approcher les sources et regarder le bassin sans piétiner les zones sensibles.
Les eaux salées du Saladis entretiennent autour du bassin un milieu rare à l’intérieur des terres, où peuvent pousser des plantes halophiles, habituellement associées aux littoraux. Il vaut donc mieux rester sur les cheminements prévus.
Informations pratiques
- Accès : visite libre et gratuite toute l’année.
- Parking : situé à l’entrée du site, rue des Graviers.
- Protection : site classé Natura 2000, géré par le Conservatoire des Espaces et Paysages d’Auvergne.
- À savoir : baignade interdite, eau non potable, ne pas marcher sur la prairie autour des sources.
La source du Grand Saladis : la mare qui bouillonne
Le Grand Saladis est le cœur du site. Ce n’est pas une fontaine ni un bassin thermal aménagé, mais une grande mare d’eau minérale aux contours irréguliers, animée par endroits par des bulles de gaz carbonique.
Sa profondeur ajoute encore à l’impression du lieu. Estimée à environ 5 mètres à la fin du XIXe siècle, elle atteindrait aujourd’hui près de 8 mètres selon des sondages plus récents. Même si la baignade y est interdite, le Grand Saladis impressionne déjà depuis le bord. L’eau opaque, les bulles qui remontent à la surface et les formations de travertin sur les marges rappellent qu’on n’est pas devant une simple mare, mais devant une source profonde, gazeuse et riche en minéraux.
Un bassin naturel… pas si simple
Le Grand Saladis donne une impression presque unique en Auvergne : celle d’un grand bassin minéral libre, ouvert dans le sol, comme on imagine parfois une source chaude avant sa captation.
Dans la région, les sources chaudes ont toutes été captées. Même la source Croizat, grande référence libre du Sancy, reste un cas aménagé : la source a été captée, ses bassins sont construits, et l’eau n’arrive pas dans une vasque naturelle ouverte sur le griffon.
C’est ce qui rend le Grand Saladis si troublant. L’eau n’est pas vraiment chaude, mais sa forme parle à l’imaginaire thermal : une eau qui bouillonne par endroits, un bassin qui semble resté naturel, des contours libres, une impression de bain originel.
Le Grand Saladis a le visage d’une source restée libre, alors que sa forme porte aussi la marque des ambitions humaines.
L'anecdote explosive du Dr Roux
À la fin du XIXe siècle, les eaux du Saladis éveillent les convoitises. En 1882, la commune loue la source au Dr Roux, qui espère en tirer une exploitation rentable.
Pour augmenter le débit, il choisit une méthode radicale : les explosifs. L’opération ne donne pas le résultat attendu. Le débit n’augmente pas, mais le bassin s’élargit fortement et prend l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui.
L’échec commercial a donc laissé une trace durable dans le paysage. Le Dr Roux voulait plus d’eau ; il a surtout donné au Grand Saladis son visage actuel.
Un projet de luxe avorté
Vers 1900, un entrepreneur rêve de transformer le Saladis en véritable station thermale. Sous son impulsion, une brochure publicitaire est publiée pour attirer des investisseurs. Elle annonce qu’il y aurait là matière à créer « un établissement de premier ordre et d’apporter dans l’ensemble des constructions de luxe ».
Le projet ne se réalise finalement pas. Le faible débit de la source a sans doute pesé lourd. Et c’est peut-être ce qui a sauvé le Grand Saladis.
Aujourd’hui, le lieu a échappé aux bâtiments thermaux, mais pas aux règles de protection. On peut encore s’en approcher, photographier le bassin ; en revanche, la baignade n’est plus autorisée.
Une eau vivante et bouillonnante
Aujourd’hui, l’eau du Grand Saladis reste tempérée : elle tourne autour de 20 à 22 °C. Par endroits, le gaz carbonique remonte sous forme de petites bulles et crée de légers bouillonnements à la surface. Ici, les bulles ne signalent donc pas une eau brûlante, mais une eau minérale gazeuse, animée par un dégazage naturel.
L’eau est riche en minéraux et présente une radioactivité naturelle liée notamment au radon. En traversant les couches géologiques, elle se charge aussi en carbonates, ce qui favorise les dépôts de travertin autour du bassin.
Le Grand Saladis garde enfin une part de mystère. Des recherches archéologiques ont permis d’y retrouver des ossements humains et une statuette gallo-romaine en bois, au fond du bassin.
La source du Petit Saladis : l’eau que l’on venait boire
À quelques mètres du Grand Saladis, la source du Petit Saladis présente un visage plus modeste, mais aussi plus aménagé.
Depuis les travaux réalisés en 2024, l’eau de la source arrive dans un bloc de granit de Blavozy sculpté. Un marchepied, accessible depuis la plateforme en bois, permet de s’en approcher sans piétiner les zones sensibles.
Autrefois, cette eau était réputée pour ses effets digestifs, et certains habitants gardent encore l’habitude de la boire sur place ou d’y remplir quelques bouteilles. Mais la prudence s’impose : cette pratique relève d’un usage personnel, pas d’une autorisation sanitaire. Une plaque sur place rappelle que l’eau des sources n’est pas potable.
Le Petit Saladis garde donc une place à part : moins spectaculaire que le Grand Saladis, mais plus proche de l’ancienne tradition des eaux minérales que l’on venait goûter directement à la source.
Envie de prolonger la découverte ?
Sur l’autre rive de l’Allier, les sources de Sainte-Marguerite offrent un autre visage des eaux minérales, notamment avec le Geyser Brissac. Je leur consacre un article complet : Les sources de Sainte-Marguerite : le spectacle du geyser.
Où dormir près des sources du Saladis ?
Les Martres-de-Veyre constituent un point de chute pratique pour visiter les sources du Saladis, tout en restant bien placé entre Clermont-Ferrand, Issoire, le plateau de Gergovie et le sud de la Chaîne des Puys.
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Fabrice



