Visiter Saint-Nectaire : Circuit des Sources, Thermes et Villas
- Par Nature Source Chaude
- Publié le
- Mis à jour le 2 janvier 2026
Saint-Nectaire ne se résume pas à son célèbre fromage et à la majesté de son église romane. Cette petite vallée du Puy-de-Dôme, encaissée et verdoyante, repose sur une grande faille tellurique. C’est une cicatrice géologique profonde, un chemin direct vers les entrailles de la terre qu’emprunte également la rivière le Courançon (le Fredet). C’est cette géologie tourmentée qui explique l’incroyable densité hydrologique du lieu.
Imaginez : sur à peine deux kilomètres, pas moins d’une quarantaine de sources jaillissent des profondeurs. Certaines bouillonnent visiblement dans le lit de la rivière, libérant leurs bulles de gaz, d’autres se cachent dans l’obscurité des grottes ou les caves d’anciennes villas bourgeoises.
Ce village aujourd’hui assoupi a pourtant connu la « fièvre thermale » du XIXe siècle. Une époque d’effervescence où l’on comptait ici trois grands établissements de bains, rivalisant avec les géants comme Vichy ou Cauterets. Aujourd’hui, je vous invite à un véritable jeu de piste. Oubliez les parcours touristiques balisés : nous allons explorer des thermes abandonnés, des griffons oubliés et des grottes vibrantes d’histoire pour comprendre pourquoi cette eau a tant fasciné les hommes.
AU SOMMAIRE :
Comprendre le sous-sol : le voyage de l'eau
Avant de goûter ou de toucher ces eaux, il faut comprendre leur histoire. Pourquoi l’eau est-elle chaude et minéralisée ici ? Tout commence par l’infiltration des eaux de pluie dans les massifs environnants. Ces eaux descendent lentement à travers les fractures de la croûte terrestre, plongeant à plusieurs kilomètres de profondeur. Là, au contact des roches brûlantes chauffées par le magma résiduel des volcans d’Auvergne, elles montent en température. Sous l’effet de la chaleur et de la pression, l’eau devient un solvant puissant : elle « lave » la roche, se chargeant en gaz carbonique, en fer, en lithium et en bicarbonates. Puis, profitant de la grande faille de Saint-Nectaire, elle remonte rapidement vers la surface, jaillissant sous nos pieds avec toute l’énergie accumulée pendant son long voyage.
Particularité des eaux : une minéralisation record
Ce qui frappe ici, c’est la densité minérale : jusqu’à 9 grammes par litre ! Les eaux de Saint-Nectaire sont polymorphes, jaillissant entre 8°C et 53°C (sauf pour les forages récents qui captent des eaux encore plus brûlantes). Mais leur véritable signature, c’est leur richesse en sels alcalins et bicarbonates.
Dès 1820, les chimistes de renom comme M. Boullay l’affirmaient :
« Elle me paraît être l’eau alcaline la plus forte de France… beaucoup plus active et efficace à cet égard que les eaux du Mont-Dore et de Vichy. »
À l’époque, cette puissance minérale faisait de Saint-Nectaire une référence pour accompagner le soulagement des rhumatismes chroniques et des affections articulaires. C’était une médecine de la « force minérale », où l’on cherchait à reminéraliser l’organisme en profondeur.
Le secteur du Mont-Cornadore
La Source Pradinat
Notre exploration commence modestement près des grottes de Châteauneuf. Une simple flaque rougie par le fer, un captage en pierre visible… C’est une eau froide (14°C), mais elle donne le ton : ici, le sous-sol « transpire » le fer.
Les Bains du Mont-Cornadore (Anciens Thermes)
La colline du Mont-Cornadore, sur laquelle se dresse fièrement la ville haute (Saint-Nectaire-le-Haut) et sa vieille église romane, a donné son nom aux bains qui se sont établis à ses pieds, en contrebas.
On y trouve un établissement thermal emblématique dont M. Mandon est devenu propriétaire en 1865. L’histoire du lieu débute un peu plus tôt, en 1832, lorsque deux associés (M. Serre et le Dr Vernière) bâtissent les premiers bains, cinq ans après la découverte de la source principale. Comme tout bon établissement thermal de l’époque, celui-ci a été construit au plus près des émergences, littéralement sur les sources.
Une architecture évolutive : À gauche, un ancien hôtel longe une muraille de rochers ; à droite, les thermes. Les deux bâtiments étaient connectés par une galerie. À cette époque, on assiste également à une boulimie de styles (néo-classique, néo-byzantin, néo-gothique, etc.) qui donne naissance à un véritable urbanisme thermal : thermes, hôtel, casino, kiosque, villa, etc. En 1873, l’architecte des Monuments historiques y ajouta même un fronton triangulaire et un grand hall surmonté d’une verrière, aujourd’hui protégés.
Les sources cachées sous le bâtiment : L’eau qui alimentait les cabinets de bains provenait exclusivement de la Source du Mont-Cornadore.
• Caractéristiques : Avec une température native de 39 °C et un débit de 52 l/min, cette eau sulfureuse exhale une odeur caractéristique d’œuf pourri.
• Le problème technique : À l’époque, l’eau était acheminée par un tuyau en plomb. Si le matériau était standard au XIXe siècle, on sait aujourd’hui que l’eau chaude et acide de Saint-Nectaire attaquait le métal, risquant de charger l’eau en éléments toxiques avant même qu’elle n’atteigne le baigneur.
Ce site abrite aussi des « fantômes » hydrologiques :
• La Source Intermittente (25 °C), exploitée dès 1877, dont le captage scellé est aujourd’hui perdu sous les fondations.
• La Source du Rocher (25 °C), découverte par les ouvriers lors de la construction de l’hôtel, puis rejetée pour pollution bactériologique et probablement comblée.
La Source Morange : Le goût de l'histoire
À 450 mètres des bains, un petit pavillon au toit de zinc, typique de l’architecture thermale de la fin du XIXe, abrite la Source Morange.
Le saviez-vous ? Autrefois, l’accès était payant et fermé à clé ! Boire cette eau était un acte médical sérieux, facturé quelques centimes.
Aujourd’hui, l’accès est libre et le pavillon a été restauré grâce à l’Association de sauvegarde du patrimoine.
Note importante : Bien que l’accès soit libre, il s’agit d’une eau brute non contrôlée sanitairement. Historiquement, elle était prisée pour sa saveur salée, ferrugineuse et naturellement pétillante. L’attaque en bouche est décrite comme vive, acidulée par le gaz carbonique, suivie d’un goût métallique typique. Autrefois employée pour faciliter le transit, elle reste un témoignage fascinant (à observer ou à sentir) des cures d’antan.
Les Grottes du Cornadore : Voyage au centre de la terre
(Visite payante – voir site officiel)
C’est un labyrinthe minéral fascinant. On s’y enfonce casque sur la tête, entouré de suintements d’eaux tièdes (20-22°C) et très minéralisées. Observez les parois : elles ne sont pas inertes. Elles sont recouvertes de concrétions colorées et de biofilms glissants, témoins de la vie microscopique qui prospère grâce aux minéraux.
Le Caldarium Romain : vous découvrirez des vestiges de baignoires romaines. Mais attention au mythe du « bain romain idéal ». À l’époque, l’eau tiède de la grotte ne suffisait pas. On la chauffait artificiellement avec des pierres brûlantes jetées dans les bassins pour atteindre 45°C. Résultat ? Une étuve saturée d’humidité, éclairée à la graisse animale, où l’eau perdait une partie de sa structure naturelle. C’était un hôpital de guerre : on y soignait les blessures des légionnaires dans un mélange d’eau, de sang et de sueur. Loin de l’hygiène moderne aseptisée, mais avec une foi absolue dans la puissance de la terre.
Le privilège géologique et l'illusion du confort
C’est une distinction technique qui échappait souvent aux curistes de la Belle Époque. Aveuglés par le confort des nouvelles douches et l’éclat des baignoires, ils ne réalisaient pas qu’ils profitaient d’une exception géologique rare, propre aux trois établissements de Saint-Nectaire.
Contrairement à la majorité des stations concurrentes, obligées de stocker l’eau pour la refroidir ou la réchauffer, Saint-Nectaire bénéficiait d’une thermalité parfaite. L’eau jaillissait naturellement autour des 40 degrés, permettant aux exploitants de proposer des bains en eau courante sans aucune manipulation thermique.
Mais il ne faut pas s’y tromper : « Si ce renouvellement permanent préserve la dynamique thermique, l’immersion en bassin coupe irrémédiablement le lien avec le sol vivant. Pour comprendre l’importance capitale de cette biologie, je vous invite à lire mon étude : Source Chaude : Son sol abrite un microbiote vital (Étude). Cette rupture ne date pas d’hier : dès l’Antiquité, les Romains cherchaient déjà à domestiquer l’eau. La fièvre thermale du XIXe siècle a généralisé ce processus. En isolant le baigneur dans un bassin inerte, loin des micro-organismes et des enzymes présents dans le lit naturel du ruisseau thermal, cette évolution technique a progressivement transformé un soin thérapeutique sauvage en une prestation hygiéniste, coupée de la complexité biologique du milieu originel. »
Jeu de piste : Les sources oubliées
La ville est parsemée de griffons, parfois difficiles à trouver, qui demandent un œil averti :
La Source Giraudon
Cachée par les ronces rue Morange, elle fut longtemps exploitée avant d’être fermée pour « pollution ». Son histoire est celle d’une lutte constante contre les infiltrations pour capter l’eau pure.
La Source Edmond & l'Art de la Pétrification
Saint-Nectaire est célèbre pour ses fontaines pétrifiantes. L’eau, surchargée de calcaire dissous, dépose sa charge minérale dès qu’elle perd son gaz carbonique. Elle transforme les objets en pierre en quelques mois. La source Edmond alimente l’une des échelles de pétrification les plus spectaculaires (voir photo).
La Source Gubler
Un simple trou dans un rocher derrière un mur. Fermée en 1936 pour cause de bactéries.
Note sur la « Pollution » : Il est crucial de distinguer la pollution de surface (coliformes, témoins d’une activité humaine) de la vie indigène des profondeurs. Les eaux profondes abritent naturellement des micro-organismes (archées, bactéries extrêmophiles) qui ne sont pas des contaminants, mais la preuve que l’eau est vivante et biologiquement riche.
La Source de la Voûte
Face à la poste, la grotte n’est qu’à une dizaine de mètres, mais l’accès est un véritable piège. Le sol est recouvert d’eau, dissimulant des trous profonds où l’on s’enfonce jusqu’aux genoux. Au prix de cet effort, vous découvrirez une eau à 20°C d’un bleu laiteux fascinant.
Le Marais Salé (Curiosité)
Le sol est ici tellement chargé en sel que l’on y trouve une flore maritime (plantain, glaux) en plein cœur de l’Auvergne ! Un site classé Natura 2000 unique, véritable anomalie botanique créée par les sources.
Sur la Route de Sapchat : Les eaux de villégiature
En quittant le cœur du village pour la route de Sapchat, on entre dans un secteur où l’histoire thermale se fait plus intime, presque secrète.
Les Sources Bélonie : Le jardin oublié
Au pied du Puy d’Eraigne, cette montagne granitique et volcanique, se cache un jardin aujourd’hui abandonné, voisin de l’ancien Hôtel de l’Ermitage. C’est ici que jaillissent les trois sources Bélonie (Sainte-Marie, André et Bauger). Contrairement aux eaux bouillantes des failles profondes, ce sont des sources froides (12-14°C).
L’anecdote : Jusqu’en 1958, on venait déguster cette eau bicarbonatée sodique à une fontaine aménagée. Elle était réputée pour être la plus agréable au goût de toute la station, une véritable « limonade » naturelle riche en fer. Aujourd’hui, l’une s’est réfugiée dans l’ombre d’une petite grotte, tandis que ses voisines murmurent dans les herbes folles.
La Source Rouge : Trafics et Salon de Thé
C’est sans doute la source qui a l’histoire la plus colorée de Saint-Nectaire. Située à l’angle de la route de Sapchat, elle doit son nom aux dépôts d’ocre rouge intense qu’elle laisse sur son passage. Son propriétaire, M. Versepuy (gendre du fameux M. Mandon), avait flairé le filon : il fit construire un élégant pavillon avec un salon de thé et une chocolaterie. C’était le rendez-vous mondain de la Belle Époque.
Le trafic des gobelets : L’accès à la buvette était payant et protégé par une grille en fer. Mais l’ingéniosité locale n’a pas de limites : on raconte que les habitants avaient mis au point un véritable trafic pour éviter de payer.
La technique ? Attacher un gobelet au bout d’un long bâton pour le passer à travers les mailles du grillage et puiser l’eau directement à la source !
L’ère de la mesure scientifique : C’est aussi ici que l’on voit l’évolution de la médecine. Fini le temps où l’on buvait au hasard : sous l’impulsion du Dr Daumas (de Vichy), les curistes utilisaient désormais des verres gradués. L’eau minérale (23°C, gazeuse et salée) était devenue un médicament précis, vendu à prix d’or, que l’on consommait au millilitre près.
Les Sources Léon et Eulalie
Un peu plus loin sur la route de Sapchat, face à la longue clôture de l’Hôtel du Parc (situé sur votre droite), l’aventure continue sur le côté gauche. Il faut s’enfoncer dans le bois en contre-haut de la route pour dénicher les deux galeries : Léon et Eulalie.
Difficiles d’accès à cause de la végétation, elles témoignent d’un refroidissement géologique notable : alors qu’elles affichaient respectivement 28°C et 30°C en 1924, la source Léon est tombée aujourd’hui à 16-17°C. Pourtant, ces eaux ne sont pas oubliées. Elles sont toujours canalisées vers un petit établissement situé en contrebas au bord de la route, servant encore aujourd’hui de matière première essentielle à l’art de la pétrification.
L'Héritage Vivant : les Fontaines Pétrifiantes
C’est ici que l’eau continue de travailler. Si les curistes ont déserté, ce savoir-faire unique utilise la richesse minérale de ses propres sources pour transformer objets et matrices en pierre.
La visite de ce site, bien que payante, est incontournable pour les amateurs de géologie. Elle permet surtout d’accéder aux entrailles de la terre pour admirer le plus beau bassin de la station : une source d’eau chaude naturelle à 37°C, bouillonnante et brute, préservée au cœur d’une grotte spectaculaire.
L'ère industrielle : Le Centre Thermadore
Face au déclin, la riposte s’organise dans les années 70. Une campagne de forages profonds (Charles, Say, Sans Souci) est lancée pour capter des eaux plus chaudes (jusqu’à 60°C). Cet élan aboutit à la construction d’un nouvel établissement thermal, Lignerat, inauguré en 1978.
Pourtant, cette modernisation marque une rupture philosophique. Le procédé s’industrialise : mélange des eaux, stockage en cuves, refroidissement artificiel… Si le confort est là, cette standardisation a sonné le glas du traditionnel « bain en eau courante », nous éloignant de la « source brute ». L’histoire sera toutefois courte : l’établissement Lignerat a définitivement fermé ses portes en 2004, marquant la fin de l’ère thermale curative à Saint-Nectaire.
L’anecdote du Geyser : En 1981, le forage Charles a accidentellement déclenché un geyser de 50 mètres de haut ! La pression du gaz carbonique souterrain était telle que l’eau a jailli avec une violence inouïe, perturbant même le débit des sources voisines pendant plusieurs semaines. Une preuve de la formidable énergie sous pression qui dort sous nos pieds.
Archéologie urbaine : Les Villas des Médecins
À la Belle Époque, le médecin thermal était un notable puissant. Il se devait d’avoir sa villa… et souvent sa propre source privée ! Promenez-vous à Saint-Nectaire-le-Bas pour admirer ces vestiges d’un temps révolu :
La Villa du Docteur Porge
Cette ancienne villa médicale abritait deux sources ferrugineuses, dont les captages sont aujourd’hui comblés. Une tête de lion au style naïf, fixée au mur, servait probablement de déversoir à l’une d’entre elles. Malheureusement, ce vestige est situé à l’intérieur d’une propriété privée : il est donc totalement inaccessible et soustrait aux regards.
La Villa du Prince Orloff et la Source des Dames
Cette admirable résidence témoigne du faste d’antan, même si son petit parc princier a aujourd’hui disparu. De cet héritage, il ne reste qu’un vestige situé à droite de la villa, caché derrière une haie et une clôture : la Source des Dames.
Le constat est amer : cette source intermittente gît désormais à l’abandon, recouverte d’immondices. Un triste sort pour une eau pourtant unique, connue pour son faible débit et surtout pour sa chimie : elle détient la plus forte teneur en arsenic de toutes les eaux de Saint-Nectaire.
La Villa du Docteur Sérane
Située juste à gauche de la Villa Russe, cette demeure pittoresque construite vers 1890 est un témoin clé de l’organisation thermale d’autrefois. Propriété du Dr Sérane, elle rappelle le parcours obligé des curistes : il fallait impérativement y consulter pour obtenir l’ordonnance permettant de réserver ensuite son créneau horaire et son numéro de baignoire à l’établissement thermal.
L’eau est toujours présente sur le site. On peut observer deux points de sortie d’où s’échappe une eau ferrugineuse avoisinant les 15°C. Une particularité technique mérite d’être notée : cette eau circule encore dans des canalisations en pierre. Quant au griffon originel, il reste discret, situé quelque part entre l’intérieur de la villa et son jardin.
La Villa du Dolmen (ou Villa du Docteur Roux)
Voisine de la villa Sérane (sur sa gauche), cette demeure bâtie vers 1890 porte la mémoire d’une figure locale majeure : le Docteur Roux. Éminent médecin du XXe siècle, il marqua durablement la ville en tant que maire pendant 20 ans (1945-1965), donnant d’ailleurs son nom à l’avenue reliant les deux parties de Saint-Nectaire.
Sa source, aménagée vers 1895, se devine derrière une grille en fer forgé. Aujourd’hui à l’abandon, elle dissimule derrière un mur de pierre une cavité au spectacle singulier : une eau minérale couleur « rouge sang », teinte par l’oxyde de fer. Chimiquement, c’est un cas d’école : elle est à la fois la plus ferrugineuse et la moins minéralisée de toutes les sources de la station.
L'omniprésence médicale : le cas de Saint-Nectaire-le-Haut
Ce modèle du « médecin-propriétaire » ne se limitait pas au quartier thermal du bas. En montant vers Saint-Nectaire-le-Haut, on retrouve cette même configuration architecturale et géologique. Là-haut aussi, plusieurs villas dissimulent des sources privées captées directement dans leurs fondations ou leurs jardins. Elles appartenaient également à des médecins, témoignant d’une époque où chaque praticien, quelle que soit sa localisation dans la ville, gérait sa propre ressource minérale pour soigner sa patientèle.
Les Grands Thermes (Aujourd'hui Office de Tourisme)
C’est une étape incontournable. Entrez dans l’Office de Tourisme et demandez (poliment) à voir la salle du rez-de-chaussée. Dès l’ouverture de la porte, l’odeur de soufre vous saisit à la gorge. Les captages des sources Boëtte et Saint-Cézaire se trouvent en réalité dans les profondeurs du sous-sol. Seule une partie de l’eau est détournée pour remonter à la surface et s’écouler sous vos yeux.
Le spectacle reste fascinant : observez les dépôts colorés, les travertins ocres et rouges qui tapissent le parcours de cette eau visible. Cependant, l’essentiel du débit ne remonte pas. Il emprunte une galerie souterraine pour se jeter directement dans le Courançon, rejoignant la rivière sans jamais avoir vu la lumière du jour.
Le problème du Plomb : Au XIXe siècle, l’eau était acheminée par des canalisations en plomb. Or, l’eau chaude, acide et active de Saint-Nectaire attaquait le métal, se chargeant de toxicité avant d’arriver au curiste. Un paradoxe sanitaire typique de l’époque : on venait se soigner avec une eau miracle, qui arrivait polluée par son contenant.
Les Bains Romains (Actuel Hôtel Mercure)
Face aux Grands Thermes se dresse un autre géant : les Bains Romains. Au XIXe siècle, ce nom servait d’argument marketing pour rappeler les origines antiques du thermalisme. Aujourd’hui reconverti en Hôtel Mercure, l’édifice a troqué sa vocation médicale pour l’hôtellerie de villégiature.
Pourtant, le cœur thermal bat encore à l’intérieur. En arpentant les couloirs, on peut découvrir la source du Gros-Bouillon. Enfermée de toutes parts dans une vitrine, elle est isolée pour éviter que son odeur caractéristique d’œuf pourri (le sulfure d’hydrogène) n’importune la clientèle. Éclairée par le bas, elle offre toujours le spectacle qui lui a valu son nom : un bouillonnement intense dû à sa richesse exceptionnelle en gaz carbonique. Si le captage réel se trouve dans le soubassement, cette mise en scène permet d’admirer la fougue de l’eau, désormais simple élément de décor d’un couloir feutré.
Prolongez l'immersion : dormir au cœur du patrimoine
Pour vivre l’expérience thermale jusqu’au bout, le choix de l’hébergement n’est pas anodin. Saint-Nectaire offre la possibilité rare de dormir au cœur même de son histoire.
L'expérience historique : l'Hôtel Mercure (Bains Romains)
Comme évoqué plus haut, cet hôtel occupe les bâtiments historiques des Bains Romains. Y séjourner, c’est marcher dans les pas des curistes du XIXe siècle. C’est le seul endroit où vous pourrez croiser une source thermale (le Gros-Bouillon) en descendant prendre votre petit-déjeuner.
Voir les tarifs et disponibilités de l’Hôtel Mercure Bains Romains
Les Villas et autres hébergements
Si vous préférez le charme plus intimiste des anciennes pensions de famille ou des villas de médecins reconverties en gîtes, utilisez la carte ci-dessous. Elle regroupe toutes les disponibilités du secteur :
Conclusion : La station thermale du rein
Saint-Nectaire est un livre ouvert sur l’histoire de notre rapport à l’eau. Des bains de sang romains aux forages industriels, en passant par l’âge d’or des villas bourgeoises, tout est là, inscrit dans la pierre et le paysage. Mais pour le passionné de sources, la vraie richesse reste ces griffons oubliés, cette eau rouge ou bleue qui continue de couler, brute et vivante, indifférente aux modes, aux interdictions et au temps qui passe.
Envie d’aller plus loin ? Découvrez mon article sur Les bienfaits du bain chaud ou apprenez comment Nettoyer ses poumons naturellement grâce aux vapeurs thermales.
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Fabrice



