Visiter Stromboli : randonnée, bateau et éruptions
- Par Nature Source Chaude
- Publié le
- Mis à jour le 10 août 2026
Au nord de la Sicile, Stromboli est la plus orientale des îles Éoliennes. Je suis venu ici pour son volcan. De jour, l’île paraît tranquille, avec ses maisons blanches, ses plages noires, ses jardins, ses ruelles et cette fumée au-dessus du sommet, qui ressemble davantage à un petit nuage qu’à une menace. Mais dès la tombée de la nuit, le volcan reprend toute la place : les lueurs rouges des projections apparaissent au-dessus des cratères et rappellent qu’il ne dort jamais. C’est souvent pour ce spectacle-là que l’on vient : rejoindre l’un des points d’observation pour assister aux éruptions.
Depuis les deux explosions paroxystiques de 2019, beaucoup plus violentes que l’activité habituelle du Stromboli, l’accès à la zone sommitale reste fermé au public. On ne rejoint donc plus les anciens points d’observation proches des cratères, et les altitudes autorisées varient selon que l’on monte avec ou sans guide.
Alors, jusqu’où peut-on monter ? Et faut-il choisir la randonnée ou l’observation depuis la mer ?
Voici ce qu’il faut savoir pour découvrir Stromboli aujourd’hui.
Accès au volcan : les règles à connaître
La réglementation de référence permet :
- de monter jusqu’à 290 m sans guide ;
- de poursuivre de 290 à 400 m avec un guide agréé ;
- au-delà de 400 m, l’accès est interdit au public.
⚠️ Ces limites peuvent être temporairement renforcées. Fin juillet 2026, par exemple, une phase d’activité plus soutenue a entraîné la suspension provisoire de l’accès libre et une limitation des excursions à 290 m avec un guide. Les conditions ont ensuite de nouveau évolué. Cet épisode montre pourquoi il reste indispensable de vérifier les consignes locales au moment de votre visite.
AU SOMMAIRE :
Carte du Stromboli et géographie : du port aux plages
Pour vous repérer, voici une vue prise depuis la mer, face au principal secteur habité de Stromboli. On distingue Scari, où arrivent les hydroptères et les ferries, puis les maisons qui remontent vers San Vincenzo et s’étirent le long de la côte vers Ficogrande, San Bartolomeo et Piscità.
C’est autour de San Vincenzo et de Scari que se concentrent une grande partie des commerces, restaurants et services. En poursuivant vers l’ouest, Ficogrande puis Piscità restent bordées de plages et de criques de sable noir, avec par endroits des rochers volcaniques.
La carte ci-dessous permet de situer précisément ces différents secteurs.
Traversée de Stromboli : du port de Scari à l’Osservatorio
Depuis le large, Stromboli ressemble à un cône posé sur la mer. À l’approche de Scari, le changement d’échelle est brutal : le volcan occupe presque tout le champ de vision, des maisons au bord de l’eau jusqu’au panache du sommet.
Scari : première impression volcanique
On débarque sur le versant oriental de l’île, loin de l’immense pente nue de la Sciara del Fuoco qui entaille le flanc nord-ouest du volcan.
À Scari, le décor paraît plus habité, mais le volcan est déjà partout. Le débarcadère coupe en deux une longue plage noire, les barques occupent une partie du rivage et San Vincenzo s’accroche juste au-dessus. Le sable sous les pieds suffit à rappeler où l’on vient de poser le pied.
C’est ici que Stromboli cesse d’être un volcan aperçu depuis la mer pour devenir une île que l’on va parcourir.
La place de l’église San Vincenzo
La Piazza San Vincenzo est l’un des points de repère de Stromboli.
Strombolicchio flotte au large. À la rambarde, il suffit de regarder la mer pour que le temps ralentisse un peu. À l’ombre des arbres, certains s’installent sur les côtés tandis que les voiturettes électriques continuent leurs allers-retours dans le village. Par temps clair, le regard porte jusqu’aux côtes de la Calabre.
L’église mérite aussi qu’on pousse la porte lorsqu’elle est ouverte. Derrière sa façade blanche assez sobre, l’intérieur est plus décoré, avec notamment des éléments en marbre polychrome.
En fin d’après-midi, la place change de rythme. On croise davantage de randonneurs équipés qui remontent vers leur point de rendez-vous avant l’ascension, tandis que d’autres redescendent vers le port pour les sorties en mer. Et au milieu de ce va-et-vient, il suffit parfois qu’un chat traverse la place pour attirer quelques regards.
Ficogrande : la plage et les jardins secrets
En poursuivant depuis San Vincenzo, on rejoint Ficogrande et l’une des grandes plages de sable noir de Stromboli. C’est aussi l’une des mieux aménagées de l’île, avec Strombolicchio posé au large.
Mais il suffit de quitter le bord de mer pour retrouver un autre visage de Stromboli. Entre les maisons, la végétation déborde parfois des murs et des clôtures, laissant deviner des jardins bien plus vastes qu’ils n’en ont l’air depuis la rue.
La Libreria en est un bon exemple. Le lieu était encore une véritable librairie il y a quelques années, avec son jardin où se tenaient projections de films, lectures et rencontres. Aujourd’hui, les livres ont laissé place à une adresse ouverte le soir, mais le jardin, lui, est toujours au cœur du lieu.
Piscità et le bout du monde
Plus à l’ouest, l’ambiance devient plus résidentielle. Les maisons blanches aux portes bleues se succèdent le long des ruelles, mais à mesure que l’on avance, le village s’efface peu à peu devant la roche volcanique.
À Piscità, la côte se morcelle en petites criques séparées par d’anciennes coulées de lave. Sable noir, galets, blocs et parois sombres composent un rivage beaucoup plus découpé qu’à Ficogrande.
C’est aussi ici que se trouve la Grotta di Eolo, une cavité ouverte dans la roche volcanique. Son nom renvoie à Éole, le maître des vents de la mythologie, que la tradition locale associe à cette grotte. Depuis le secteur, Strombolicchio reste visible au large.
Puis les dernières maisons restent derrière soi. Le pavé s’arrête, la piste muletière prend le relais et Stromboli change encore de visage. En contrebas apparaît Spiaggia Lunga, avec son sable noir au pied des reliefs volcaniques. À mes yeux, c’est l’une des plus belles plages de l’île.
L’Osservatorio : un ancien restaurant au pied du volcan
Tout au bout de la piste apparaît l’Osservatorio. Avec ses bâtiments défraîchis, son ancienne enseigne et le Stromboli fumant juste au-dessus, on se croirait dans un décor de cinéma de fin du monde.
Difficile d’imaginer qu’il y a encore quelques années, on venait ici dîner en attendant les explosions du volcan. Ouvert en 1982 dans une ancienne installation militaire de la Regia Marina, l’Osservatorio était devenu l’une des adresses emblématiques de Stromboli. Sa terrasse permettait d’observer l’activité sans entreprendre l’ascension.
Le contraste est d’autant plus étrange que la fermeture est récente. Lors de mon passage, la végétation gagnait déjà certains espaces et les bâtiments semblaient abandonnés depuis des décennies. Pourtant, on y dînait encore il y a seulement quelques années.
Malgré la fermeture, l’endroit reste un repère important. On se trouve ici au pied du versant qui mène vers la Sciara del Fuoco, avec le volcan juste au-dessus. Rien que pour cette arrivée au bout de la piste, le détour vaut la marche.
Expériences inoubliables : que faire absolument à Stromboli ?
Je trouve toujours aussi fou qu’il existe un endroit où l’on puisse dormir au pied de l’un des volcans les plus actifs au monde. Rien que pour cela, passer au moins une nuit à Stromboli me paraît indispensable.
La nuit, le Stromboli ne fait pas forcément plus de bruit : c’est notre perception qui change. Les explosions se produisent aussi en pleine journée et leur grondement peut porter jusqu’aux zones habitées. Mais dans l’obscurité, le son n’est plus toujours seul : du côté de Piscità, lorsque les projections montent suffisamment haut, leur incandescence peut apparaître au-dessus du relief. On ne voit pas les cratères depuis sa maison : parfois, on entend seulement le volcan ; parfois, la nuit laisse aussi surgir sa lumière.
Stromboli côté nature
Stromboli ne se résume pas aux randonnées et aux éruptions. L’île offre aussi d’autres expériences : plongée et snorkeling sur des fonds rocheux d’origine volcanique, passage des oiseaux migrateurs au printemps et à l’automne, ciel étoilé dès que l’on s’éloigne des lumières du village.
Mais pour une première visite, je retiendrais surtout quatre expériences :
- Monter sur le volcan, jusqu’au belvédère de 290 mètres ou à la terrasse des 400 mètres selon les règles d’accès en vigueur.
- Observer les éruptions depuis la mer, face à la Sciara del Fuoco à la tombée de la nuit.
- Découvrir Ginostra, le village isolé du versant sud-ouest, accessible par la mer.
- Approcher Strombolicchio, l’îlot rocheux qui se dresse au large de la côte nord-est.
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1. Ascension du volcan Stromboli : jusqu'où peut-on aller ?
Le Stromboli est un volcan actif. Depuis les deux explosions paroxystiques de 2019, l’accès à la zone sommitale et au Pizzo Sopra la Fossa, à 918 mètres, reste interdit au public. En 2026, on ne rejoint donc plus les hauteurs d’où l’on dominait autrefois les cratères, mais la randonnée reste l’un des grands moments d’un séjour sur l’île.
Contrairement à l’Etna, où une partie de l’ascension peut se faire en téléphérique puis en véhicule tout-terrain, à Stromboli, le randonneur gagne les points d’observation à pied.
🚨 Règles d’accès actuellement en vigueur
- Jusqu’à 290 m : accès autorisé sans guide.
- De 290 à 400 m : accès uniquement avec un guide agréé.
- Au-delà de 400 m : accès interdit au public.
Option A : monter librement jusqu’à 290 m
C’est l’option la plus simple si vous voulez marcher à votre rythme, sans guide, ou si vous voyagez avec des enfants habitués à la randonnée.
L’accès libre permet de rejoindre un belvédère situé vers 290 mètres d’altitude, sur le flanc nord-ouest du volcan. La vue sur la Sciara del Fuoco reste partielle à cette altitude, mais ce belvédère permet déjà d’observer l’activité du Stromboli lorsque les projections montent suffisamment haut. Le parcours traverse d’abord la végétation avant de gagner un terrain plus découvert.
Les itinéraires pouvant être modifiés selon l’état des sentiers et l’activité du volcan, mieux vaut vérifier le parcours ouvert au moment de votre visite.
Randonnée jusqu’à 290 m : informations pratiques
Difficulté : facile à moyenne. Le sentier ne présente pas de passage technique, mais la montée est continue, avec des portions sablonneuses ou irrégulières.
Itinéraire 1, depuis San Vincenzo : c’est le parcours le plus long. Depuis l’église de San Vincenzo, comptez environ 2 heures pour atteindre le belvédère des 290 mètres, davantage si vous marchez tranquillement ou faites plusieurs pauses. Prévoyez autour de 4 heures de marche aller-retour, hors temps consacré à l’observation du volcan.
Itinéraire 2, depuis Piscità : en rejoignant d’abord le départ de la piste sur les hauteurs de Piscità, le parcours est nettement plus court. Comptez environ 2 heures aller-retour depuis le début de la piste, auxquelles il faut ajouter le temps nécessaire pour rejoindre ce point de départ et celui passé au belvédère.
Meilleur moment : adaptez votre heure de départ à l’itinéraire choisi pour arriver au belvédère encore de jour. Vous profitez ainsi du paysage avant le coucher du soleil, puis du crépuscule et enfin de l’obscurité, lorsque l’incandescence des projections devient beaucoup plus visible.
À prévoir : eau, petit encas, lampe frontale et vêtement supplémentaire. Une fois arrivé, on peut rester un moment à observer le volcan après la tombée de la nuit, et la température peut devenir fraîche lorsque l’on reste immobile.
À 290 m : les bouches éruptives se trouvent beaucoup plus haut, sur la terrasse cratérique située autour de 750 à 800 mètres d’altitude. Depuis ce belvédère, on ne domine ni les cratères ni toute la Sciara del Fuoco. La vue reste latérale, mais lorsque les explosions projettent suffisamment haut les fragments de lave, leur incandescence apparaît nettement dans l’obscurité.
Option B : monter avec un guide jusqu’à 400 m
La randonnée part elle aussi du secteur de San Vincenzo, mais se poursuit au-delà de la limite autorisée sans guide. Les 110 mètres d’altitude supplémentaires changent surtout l’angle d’observation : à 400 m, on prend davantage de hauteur sur la Sciara del Fuoco et l’activité éruptive s’observe depuis un point de vue plus ouvert.
Randonnée jusqu’à 400 m : informations pratiques
Réservation : obligatoire. L’accès entre 290 et 400 mètres est autorisé uniquement avec un guide agréé. Vous pouvez réserver en ligne ou auprès des agences présentes sur l’île.
Prix : comptez environ 30 € par personne auprès des guides locaux. Le tarif peut varier selon le prestataire.
Itinéraire : le rendez-vous se fait généralement dans le secteur de Piazza San Vincenzo, près de l’église. La randonnée part donc du même secteur que l’itinéraire 1 présenté plus haut, puis se poursuit au-delà des 290 mètres jusqu’au point d’observation situé à 400 mètres. La descente peut emprunter un itinéraire différent, choisi par le guide selon le parcours prévu et les conditions du moment.
Durée : environ 5 heures au total, pauses et temps d’observation compris, sur environ 8 km.
Départ : en fin d’après-midi, généralement entre 15 h et 18 h selon la saison et l’heure du coucher du soleil.
À 400 m : le groupe reste généralement 45 minutes à 1 heure au point d’observation avant d’entamer la descente de nuit.
Équipement : chaussures de randonnée, eau et vêtement supplémentaire à prévoir. Le casque est fourni par le guide. Une lampe frontale est nécessaire pour la descente et peut être fournie selon le prestataire.
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Après presque deux heures de marche, pauses comprises, on arrive à un carrefour stratégique. C’est ici que les randonneurs en autonomie continuent tout droit vers les 290 m, tandis que les groupes guidés bifurquent pour affronter la pente.
Pour couronner cette ascension, il faut désormais aborder le volcan de face. Ne vous laissez pas impressionner par la série de lacets qui se dresse devant vous : la terrasse d’observation n’est plus très loin !
On entend le volcan « aboyer » bien avant d’apercevoir les projections. Rassurez-vous, il ne mord pas. Une fois sur la terrasse des 400 m, on dispose généralement d’environ une heure pour observer l’activité. De jour, on voit surtout les fumées. Quand la nuit tombe, les explosions font apparaître des gerbes de projections incandescentes au-dessus des cratères.
Une fois installés sur la terrasse, il faut surtout attendre que la lumière baisse. Côté mer, le soleil descend. Côté montagne, tout le monde finit par regarder au même endroit.
Au début, on entend seulement le volcan gronder. Puis, sans prévenir, le sommet s’illumine : une gerbe incandescente apparaît au-dessus des cratères. Derrière moi, une femme a résumé la scène mieux que n’importe quel guide : « Ah ouais, mais c’est grave stylé en fait. »
Ce soir-là, j’ai assisté à quatre ou cinq explosions. La phase visible ne dure qu’une dizaine de secondes : les fragments de lave jaillissent au-dessus des cratères avant de retomber sur la pente.
Il suffit de détourner le regard au mauvais moment pour tout manquer. Voici ce que cela donne depuis la terrasse d’observation :
Même à cette altitude, et malgré les cendres qui recouvrent tout…
2. Excursion bateau : la Sciara del Fuoco vue de la mer
Si vous ne voulez pas faire la randonnée, ou si vous voyagez avec de jeunes enfants, le bateau reste l’option la plus simple. C’est aussi une bonne idée après l’ascension, car on découvre alors le volcan depuis un tout autre angle.
Depuis la mer, Stromboli paraît encore plus massif. Le bateau vient se placer au pied de la Sciara del Fuoco, cette immense pente noire qui descend des cratères jusqu’à la mer et recueille une grande partie des matériaux émis par le volcan. Son nom est souvent traduit par « route du feu ». Le mot sicilien sciara, en partie hérité de l’arabe, désignait à l’origine un terrain stérile et inculte, avant de prendre ici un sens lié aux terrains volcaniques.
Excursion en bateau : informations pratiques
Prix : comptez environ 25 à 35 € par personne pour la sortie du soir vers la Sciara del Fuoco. Les tarifs varient selon le prestataire et la formule choisie.
Durée : environ 1 à 2 heures pour une sortie consacrée uniquement à la Sciara del Fuoco. D’autres circuits sont plus longs et associent plusieurs découvertes autour de l’île.
Réservation : directement auprès des petits kiosques et agences installés autour du port de Scari.
Bateaux : le type d’embarcation dépend du prestataire. J’avais réservé auprès de Frank International, qui utilisait un semi-rigide.
Le déroulement de la soirée
Le départ se fait en fin de journée. Le bateau contourne Stromboli vers le nord-ouest. Puis la végétation s’interrompt net devant l’immense pente noire de la Sciara del Fuoco.
J’étais dans un semi-rigide, avec une dizaine de passagers. On est là au ras de l’eau. Le clapotis frappe la coque, quelques embruns passent parfois par-dessus le bord et, une fois le bateau arrêté au large, la houle continue de le faire tanguer. J’avais même commencé à avoir légèrement la tête qui tournait.
Puis tout le monde attend. Les regards remontent la Sciara vers le sommet. Les explosions ne préviennent pas et les projections ne restent visibles que quelques secondes. Pour les photographier, il faut donc être prêt au bon moment. Avec le bateau qui bouge, l’exercice devient vite compliqué : en tendant le bras avec mon téléphone au-dessus de l’eau, je pensais autant à la photo qu’au risque de le voir finir dans la mer. Après quelques tentatives, les autres passagers avaient fini par ranger leur téléphone.
À mesure que la lumière baisse, les fragments de lave incandescents deviennent beaucoup plus visibles au-dessus des cratères. On ne regarde pas Stromboli depuis un pont éloigné de l’eau : on l’attend au ras des vagues.
Autour de nous, les bateaux venus de Milazzo, Lipari ou d’autres îles étaient souvent beaucoup plus grands et accueillaient davantage de passagers. Le semi-rigide offre moins de stabilité, mais cette proximité avec la mer donne aussi à la sortie un côté plus aventureux.
Pas de nuit sur place ? Les excursions à la journée
Si vous séjournez en Sicile, en Calabre ou sur une autre île des Éoliennes, vous pouvez aussi découvrir Stromboli sans dormir sur place.
Ces excursions occupent généralement une grande partie de la journée. Beaucoup associent Panarea et Stromboli, avec du temps libre sur les îles avant de terminer face à la Sciara del Fuoco au crépuscule. Depuis Milazzo, certaines laissent par exemple environ 2 h 30 à Stromboli avant l’observation du volcan depuis la mer.
Les principaux départs se font depuis Milazzo en Sicile, Tropea en Calabre et Lipari dans les Éoliennes. Depuis Tropea, il existe aussi des sorties consacrant plusieurs heures à Stromboli avant un arrêt d’environ 30 minutes devant la Sciara del Fuoco.
3. Visiter Ginostra : le village du bout du monde
Si le secteur de San Vincenzo vous semble trop animé, Ginostra offre un contraste radical. C’est l’autre village habité de Stromboli, posé sur le versant sud-ouest du volcan. Aucune route ne le relie au reste de l’île : on y arrive uniquement par la mer.
À Ginostra, pas de voitures ni de taxis électriques. Depuis le débarcadère, on rejoint le village à pied par les escaliers et les chemins étroits. Pour les bagages et les marchandises, on utilise encore des mulets, mais aussi parfois de petites brouettes à moteur adaptées aux ruelles.
Comment rejoindre Ginostra ?
Ginostra peut être rejointe avec les liaisons régulières depuis Stromboli. C’est la meilleure solution si vous voulez découvrir le village à votre rythme ou y passer la nuit.
Si vous séjournez à Stromboli, vous pouvez aussi choisir une sortie en bateau qui combine Ginostra puis la Sciara del Fuoco. C’est la formule que j’avais choisie : après une courte traversée, nous avons eu environ deux heures libres dans le village avant de repartir en fin de journée vers la Sciara.
Excursion Ginostra + Sciara del Fuoco : informations pratiques
Traversée jusqu’à Ginostra : environ 15 à 20 minutes.
Temps sur place : environ 2 heures dans mon cas.
Prix : j’avais payé 30 € pour l’ensemble de la sortie.
Réservation : auprès des kiosques et agences du port de Scari.
Fin de la sortie : après Ginostra, le bateau rejoint la Sciara del Fuoco à la tombée de la nuit pour observer l’activité du volcan depuis la mer.
Que faire lors de l'escale à Ginostra ?
Avec environ 1 h 30 à 2 h sur place, inutile de chercher à tout faire. Ginostra se découvre à pied, en montant vers le cœur du village.
Rejoindre la petite place et l’église
Depuis le port, le chemin grimpe jusqu’au centre du village. La place offre une belle ouverture sur la mer et les autres îles de l’archipel.
Se baigner si le temps le permet
Les petites vasques naturelles creusées dans la roche près de Ginostra offrent la possibilité de se mettre à l’eau sans s’éloigner trop longtemps. Si vous avez davantage de marge, vous pouvez poursuivre vers Lazzaro.
Prendre un verre avant de repartir
Si l’horaire le permet, quelques terrasses permettent de terminer l’escale face à la mer avant de rejoindre le bateau. À Ginostra, le plaisir vient aussi du fait de ne pas avoir besoin d’en faire beaucoup.
4. Strombolicchio : le rocher volcanique et son phare
Strombolicchio finit par devenir un repère familier à Stromboli. Depuis la Piazza San Vincenzo, il suffit de s’approcher de la rambarde pour voir ce bloc rocheux isolé au large, surmonté de son phare.
On le retrouve ensuite pendant la randonnée. Tant que le sentier traverse latéralement le versant au-dessus de San Vincenzo, Strombolicchio reste longtemps dans le paysage, avec le village en contrebas et la mer tout autour. Plus haut, lorsque l’itinéraire gagne l’autre partie du volcan, il finit par disparaître derrière le relief.
À environ 1,6 km de la côte, ce rocher qui s’élève à une cinquantaine de mètres est bien plus ancien que le volcan actuel. Il s’agit d’un neck, la partie interne solidifiée d’un ancien édifice volcanique dont l’érosion a fait disparaître l’essentiel. Un phare, aujourd’hui automatisé, occupe son sommet.
Comment l'approcher ?
Strombolicchio est protégé au sein de la réserve naturelle de Stromboli et Strombolicchio. Le débarquement n’est pas autorisé au public : impossible donc d’emprunter les marches taillées dans la roche qui montent jusqu’au phare. On l’approche uniquement depuis la mer.
En bateau, en faire le tour permet déjà de mesurer sa verticalité. Sous la surface, le rocher se prolonge par des tombants sous-marins, ce qui en fait aussi un site réputé pour la plongée, avec notamment des gorgones rouges, des mérous et des barracudas.
Au sommet, le phare est aujourd’hui automatisé et alimenté à l’énergie solaire. Strombolicchio marque aussi le point le plus septentrional de la région Sicile.
Où dormir pour découvrir Stromboli ?
Pour dormir à Stromboli, mieux vaut réserver à l’avance, surtout en juillet et août. L’île est petite et le nombre d’hébergements reste limité.
Deux secteurs sont particulièrement pratiques :
Scari / San Vincenzo
Le choix le plus pratique pour un premier séjour, à proximité du port, des restaurants et du départ des randonnées.
Ficogrande / Piscità
Plus à l’ouest et plus calme, avec les plages de sable noir à proximité, tout en restant accessible à pied depuis San Vincenzo.
Questions fréquentes (FAQ)
Est-ce que le Stromboli est dangereux ?
Le Stromboli est en activité éruptive permanente. Ses explosions ordinaires sont entrecoupées, plus rarement, d’événements beaucoup plus violents appelés paroxysmes. Le volcan est surveillé en permanence et les règles d’accès évoluent selon son activité.
Cette dangerosité a déjà fait des victimes. Le paroxysme du 11 septembre 1930, l’un des plus violents de son histoire récente, a causé la mort d’au moins six personnes. Plus récemment, celui du 3 juillet 2019 a tué un randonneur et fait plusieurs blessés. Ces événements restent exceptionnels, mais ils expliquent pourquoi l’accès aux hauteurs est aujourd’hui strictement encadré.
Comment aller au Stromboli ?
Stromboli n’a pas d’aéroport. On rejoint donc l’île uniquement par la mer, en hydroptère ou en ferry.
Depuis Milazzo, en Sicile
C’est le point de départ le plus pratique. Liberty Lines assure de nombreuses liaisons vers Stromboli et les autres îles Éoliennes, tandis que Siremar dessert également l’archipel en ferry. Selon la rotation choisie, le bateau peut faire escale sur plusieurs îles avant d’arriver à Stromboli.
Depuis Naples
Il existe aussi des liaisons depuis Naples. Siremar assure des traversées de nuit vers les îles Éoliennes et, pendant la saison estivale, SNAV propose également des bateaux rapides. Les horaires et les fréquences varient fortement au cours de l’année.
Combien de temps rester sur l'île ?
Pour profiter de Stromboli sans courir, je recommande d’y passer au moins une nuit. Lors de ma randonnée guidée, le guide nous a laissés vers 23 h près de la Piazza San Vincenzo. À cette heure-là, les liaisons régulières ont terminé leur service : pour la randonnée du soir, dormir sur l’île reste donc la solution la plus simple.
Une exception existe depuis Lipari : un transfert privé permet de rejoindre Stromboli pour la randonnée guidée, puis de revenir à Lipari dans la nuit. Cette formule est notamment proposée en partenariat avec MagmaTrek et Da Massimo.
L'ascension est-elle difficile ?
L’ascension jusqu’à 400 m se fait avec un guide. Elle n’est pas technique, mais demande une condition physique correcte pour marcher plusieurs heures. Le sentier monte régulièrement sur un terrain volcanique, avec quelques portions sablonneuses. C’est surtout la dernière partie qui se redresse : les lacets deviennent plus serrés et l’on gagne rapidement les derniers mètres jusqu’à la terrasse d’observation.
Pour les enfants, l’âge minimum dépend du prestataire. Certains fixent la limite à 10 ans ; il faut donc vérifier les conditions de l’agence choisie avant de réserver.
🌋 Pour poursuivre votre voyage dans les Éoliennes, retrouvez mon article consacré à l’ensemble de l’archipel et aux quatre autres îles que j’ai parcourues :
- Îles Éoliennes : quelle île choisir, combien de jours prévoir et comment organiser son voyage
- Vulcano : le Gran Cratere, les bains de boue et les phénomènes hydrothermaux
- Lipari : la citadelle, Marina Corta et les paysages volcaniques
- Salina : la randonnée du Monte Fossa delle Felci et Pollara
- Panarea : Cala Junco, Capo Milazzese et les îlots volcaniques
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Fabrice

