Visiter Salina en Sicile : l’île verte aux paysages volcaniques

Dans l’imaginaire volcanique des îles Éoliennes, ce sont d’abord Vulcano et Stromboli qui s’imposent. Salina, elle, paraît plus paisible, plus verte, plus discrète au premier regard, et c’est justement ce qui fait tout son charme. Ses volcans ne grondent plus, mais ils ont laissé une île à part, où certains anciens cratères se sont couverts de végétation, tandis que celui de Pollara s’est partiellement effondré vers la mer, formant l’un des paysages les plus spectaculaires de Salina.

C’est cette autre facette du volcanisme éolien que je suis venu découvrir : de Pollara et ses Balate, au ras de l’eau, jusqu’au Monte Fossa delle Felci, point culminant de tout l’archipel à 962 mètres d’altitude.

AU SOMMAIRE :

Salina, l’île verte des Éoliennes

Salina mérite bien son surnom d’île verte des Éoliennes. Après Vulcano et Stromboli, où la roche volcanique semble souvent garder le dessus, l’île surprend par sa manière de faire monter la végétation jusqu’aux sommets. Le Monte dei Porri et le Monte Fossa delle Felci, plus hauts qu’on ne l’imagine depuis la mer, donnent à Salina une silhouette fertile et montagnarde.

Vue sur l’île de Salina depuis Lipari, avec le Monte dei Porri et le Monte Fossa delle Felci dominant la mer des Éoliennes
Vue sur Salina depuis Lipari : le Monte dei Porri et le Monte Fossa delle Felci dessinent la silhouette verte et volcanique de l’île

Cette impression ne tient pas seulement au paysage. En 1984, Salina devient la première île de l’archipel à être protégée par une réserve naturelle. Celle-ci englobe le Monte Fossa delle Felci et le Monte dei Porri, deux anciens volcans dont les pentes mêlent pins, châtaigniers, arbousiers et maquis méditerranéen. Autour du premier, les fougères aigles sont si abondantes qu’elles lui ont donné son nom.

Carte de Salina : randonnée, Pollara et spa géothermique

Vous trouverez sur cette carte mon itinéraire de randonnée à Salina, avec les deux grands temps forts de mon séjour : Pollara et les Balate, puis l’ascension du Monte Fossa delle Felci. J’y ai également indiqué l’Hotel Signum, à Malfa, pour son spa alimenté par une eau thermale.

À savoir : le spa géothermique et thermal de l’Hotel Signum

L’histoire de l’Hotel Signum commence en 1988, lorsque Clara Rametta et Michele Caruso entreprennent de restaurer d’anciennes maisons éoliennes en ruine à Malfa. Elles deviennent peu à peu les premières chambres d’un hôtel familial, développé entre terrasses, citronniers, bougainvilliers et jardins méditerranéens.

En 2008, l’établissement aménage un spa autour d’une ressource thermale découverte lors de recherches géologiques, à environ 80 mètres de profondeur. Cette eau souterraine serait d’origine mixte, à la fois terrestre et marine.

Dans le jardin, une première vasque en pierre reçoit l’eau à sa température naturelle, autour de 29 °C, en conservant sa teinte légèrement verdâtre. Une seconde utilise une eau clarifiée et chauffée.

Le Signum ne s’est donc pas contenté d’ajouter un spa à son hôtel : il a transformé une découverte géologique locale en expérience de bien-être, intimement liée à l’identité volcanique et marine de Salina.

Vérifier les disponibilités de l’Hotel Signum à Malfa

Villages et plages de Salina

Salina se découvre aussi à travers ses villages. Alors que les six autres îles Éoliennes relèvent toutes de la commune de Lipari, Salina est divisée en trois communes autonomes : Santa Marina Salina, Malfa et Leni.

Chacune révèle un visage différent de l’île : le port et la rue commerçante de Santa Marina, les vignes et les maisons blanches de Malfa, puis les hauteurs de Leni et la plage de galets volcaniques de Rinella.

Santa Marina Salina, la porte d’entrée de l’île

Santa Marina Salina accueille le port principal de l’île. À quelques pas du débarcadère, l’église Santa Marina ouvre sur une vaste place, avec sa façade jaune pastel bordée de blanc et flanquée de deux campaniles jumeaux.

Place de Santa Marina Salina avec l’église Santa Marina au centre, des familles, des terrasses de café et les reliefs volcaniques de Salina en arrière-plan.
La place animée de Santa Marina Salina, devant l’église Santa Marina

Contre l’un de ses côtés, la terrasse d’un bar vient se confondre avec le parvis, dans une proximité assez inattendue entre le sacré et la vie quotidienne. À Salina, les églises, chapelles et sanctuaires sont d’ailleurs étonnamment nombreux : ils ponctuent les villages et les hameaux comme autant de repères familiers dans le paysage.

De là, la rue principale s’étire à travers le centre du village. On y flâne entre façades colorées, balcons en fer forgé, boutiques de souvenirs, enseignes soignées et cafés cosy.

Rue principale de Santa Marina Salina à Salina, avec des façades blanches, ocre et jaunes, des boutiques, des balcons en fer forgé et le relief de l’île en arrière-plan
La rue principale de Santa Marina Salina, entre façades colorées, boutiques et balcons en fer forgé
Échappée sur la mer depuis une ruelle de Santa Marina Salina

Par endroits, une ruelle, un escalier ou une ouverture entre deux maisons laisse soudain apparaître la mer et suffit à ralentir le pas. Plus loin, une autre église se fond dans le tissu du village. Sur la petite place attenante, plusieurs chats semblaient avoir pris possession des lieux, somnolant à l’ombre.

À savoir pour visiter Santa Marina et Lingua

Le port et la plage : Santa Marina est le port principal de Salina. Une plage de galets longe le front de mer, aux portes du centre. On peut ainsi se baigner sans s’éloigner du village.

Les déplacements : près de l’église, l’arrêt du minibus permet de partir vers Lingua, à l’extrémité sud-est de l’île, ou de rejoindre Malfa et les autres villages. 

Le Musée du vin : situé dans le centre de Santa Marina, il occupe un ancien palmento, l’installation traditionnelle où les raisins étaient foulés dans une cuve supérieure tandis que le moût était recueilli dans une cuve plus basse, avant le pressurage. Le musée permet ainsi de mieux comprendre les anciennes techniques de production du vin et de la Malvasia à Salina. Ses horaires étant parfois limités, notamment hors saison, mieux vaut se renseigner avant la visite.

Le détour par Lingua : ce hameau mérite une halte pour son laghetto, un étang saumâtre séparé de la mer par un étroit cordon de galets, au bout duquel se dresse le phare de Punta Lingua. Construit en 1953, il abrite aujourd’hui le Musée de la mer et du sel, face aux îles voisines. Les vestiges de l’ancienne exploitation du sel sont aujourd’hui en grande partie immergés, mais ce sont bien ces salines qui ont donné son nom à l’île. Le plan d’eau sert également de halte aux oiseaux migrateurs.

Malfa : maisons blanches et plage de Scario

Le nom de Malfa viendrait probablement d’Amalfitains arrivés sur l’île au XIIe siècle. Installé sur le versant nord de Salina, entre le Monte dei Porri et le Monte Fossa delle Felci, le village se reconnaît à ses maisons blanches dispersées sur la pente, entre vignes et jardins.

Vue aérienne de Malfa à Salina, avec deux églises, des maisons blanches aux volets bleus, des vignes et la mer en arrière-plan
Vue sur Malfa, village perché entre vignes, églises et maisons blanches

En contrebas, Scalo Galera forme un petit port où accostent surtout les embarcations locales et les bateaux de pêche. Non loin de là, la plage de Punta Scario se niche dans une crique de galets volcaniques, au pied des falaises. Elle se rejoint facilement à pied depuis le centre.

À savoir pour visiter Malfa

Se déplacer sans véhicule : Malfa constitue l’un des principaux points de correspondance du réseau de bus de Salina. La ligne reliant Rinella à Lingua y passe, avec des dessertes ou des correspondances vers Santa Marina, Pollara, Leni et Valdichiesa.

Rejoindre Punta Scario : la plage est accessible à pied depuis le centre, par un chemin qui descend vers la côte. Comptez environ dix minutes, selon votre point de départ.

Leni et Rinella : du village en hauteur au port

Leni occupe les hauteurs, entre le Monte dei Porri et le Monte Fossa delle Felci. En contrebas, Rinella descend jusqu’à la mer, où les maisons bordent une plage, en forme de croissant, et le second port de Salina, après Santa Marina.

Vue de Rinella à Salina, avec la plage noire, les maisons du village, le petit port et le Monte dei Porri, l’un des anciens volcans de l’île, en arrière-plan
Rinella, le hameau côtier de Leni, au pied du Monte dei Porri

 À l’une des extrémités de la plage, d’anciens abris à barques s’ouvrent directement dans la falaise de tuf. Quelques embarcations sont encore tirées sur les galets, rappelant le passé de village de pêcheurs du hameau.

La plage de Rinella est souvent présentée comme une plage de sable noir, mais elle est en réalité couverte de petits galets volcaniques gris, beaucoup plus sombres lorsqu’ils sont mouillés. Ils roulent et s’enfoncent sous les pas, au point de rendre étonnamment physique la courte progression jusqu’aux anciens abris creusés dans le tuf.

Personne marchant sur la plage noire de Rinella, composée de petits galets volcaniques, avec les maisons du village et les reliefs de Salina en arrière-plan
Sur la plage noire de Rinella, composée de petits galets volcaniques

Sous l’eau, Rinella conserve aussi l’un des derniers signes visibles du volcanisme de Salina : les sconcassi, de petites remontées gazeuses venues du fond marin. Le phénomène est beaucoup plus discret qu’à Vulcano, où les bulles apparaissent près du rivage, du côté de la plage des eaux chaudes. Ici, mieux vaut les chercher par mer calme, avec un masque.

Vue sur la mer depuis un ancien abri à barques creusé dans le tuf à Rinella, sur l’île de Salina.
Les anciens abris à barques creusés dans le tuf, face à la plage de Rinella

Une expérience autour des câpres de Salina

Sur les hauteurs de Leni, cette visite permet de découvrir l’une des cultures emblématiques de Salina. On observe les câpriers et les différentes étapes de leur croissance, avant une dégustation de préparations aux câpres accompagnées de produits locaux et de vins de l’exploitation.

L’expérience dure environ une heure trente et peut également inclure une courte visite de la cave.

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Pollara : l’ancien cratère ouvert sur la mer

Pollara se rejoint depuis Malfa en scooter, en voiture ou en bus. Avec les transports locaux, la correspondance se fait à l’arrêt San Lorenzo, dans la partie haute de Malfa.

La route quitte le village et prend de la hauteur, avant de basculer soudain vers Pollara. Au détour d’un virage, les restes de l’ancien cratère apparaissent d’un seul coup : une vaste formation volcanique d’environ 1 km de diamètre, partiellement effondrée vers la mer, avec le hameau blotti en contrebas. Depuis le bus, la route donne l’impression de plonger vers le rivage.

Vue aérienne de Pollara à Salina, avec le village au fond d’un ancien cratère volcanique, les falaises, la mer et le Scoglio Faraglione.
Pollara, installé dans les restes d’un ancien cratère volcanique ouvert sur la mer

En descendant, le Scoglio Faraglione se détache déjà au large, devant les silhouettes des îles à l’horizon. Il m’a rappelé Strombolicchio, au large de Stromboli : un fragment de volcan isolé en mer, qui devient aussitôt un repère pour le regard.

Le bus termine sa course devant l’église Sant’Onofrio, sur la petite place du hameau. Construite en 1853, elle conserve à l’intérieur son pavement d’origine et plusieurs peintures consacrées à la Vierge Marie.

Église Sant’Onofrio à Pollara, avec une camionnette sur la place, la mer et le Scoglio Faraglione en arrière-plan
Arrivée à Pollara, devant l’église Sant’Onofrio, avec le Scoglio Faraglione en arrière-plan

À Pollara, la géologie enveloppe le village. Quelques maisons, l’église, des terrasses cultivées et du maquis méditerranéen occupent le fond du cratère, encore ceinturé par ses grandes parois avant de s’ouvrir sur la mer.

Vue aérienne du hameau de Pollara, avec ses maisons, ses jardins et les parois volcaniques de l’ancien cratère de Salina
Le hameau de Pollara, blotti au pied des parois de l’ancien cratère

Descendre jusqu’aux Balate

Depuis l’église Sant’Onofrio, la route descend doucement sur environ 1 km jusqu’à l’accès supérieur des Balate. Elle passe devant une silhouette métallique en hommage à Il Postino, puis à quelques dizaines de mètres de la maison rose utilisée dans le film comme demeure de Pablo Neruda.

Plus bas, le lien avec le film se poursuit au bord de l’eau : l’une des constructions en pierre des Balate devient à l’écran la maison de Mario Ruoppolo, interprété par Massimo Troisi, et de son père pêcheur.

Le scooter permet de rejoindre le haut du site. La partie la plus raide commence alors : un escalier de pierre descend à flanc de paroi volcanique, le long des couches de tuf sculptées par l’érosion, avec la mer turquoise en contrebas.

Vue sur les Balate de Pollara depuis le haut du sentier, avec les falaises volcaniques, les anciens abris à barques et la mer turquoise
La descente vers les Balate, entre falaises volcaniques et mer turquoise
Anciens abris à barques creusés dans la falaise de Pollara, avec des ouvertures protégées par des grilles et la mer au premier plan
Les anciens abris à barques des Balate, creusés dans la falaise de Pollara

Ce que l’on rejoint aujourd’hui n’est plus vraiment la plage visible dans Il Postino. L’érosion en a emporté une grande partie. Autour des anciens abris, il reste surtout des replats de pierre et de galets, tous en pente, où chacun s’installe comme il peut. Ici, il faut composer avec la pierre, le soleil et la mer qui vient battre au pied du site : la baignade conserve un caractère brut, loin du transat bien aligné.

Sur place, j’ai constaté que toutes les ouvertures des Balate étaient fermées par des grilles et des cadenas. Les anciens abris s’observent donc uniquement de l’extérieur. Rien n’indique clairement la raison de cette fermeture, mais l’érosion du tuf est visible partout : parois creusées, couches friables et fragments de roche détachés. Le décor est superbe, mais la beauté du lieu ne doit pas faire oublier de regarder aussi au-dessus de sa tête.

À l’aller, le paysage fait oublier l’effort. Au retour, les escaliers puis la longue remontée vers l’église se font davantage sentir, avec très peu d’ombre. Prévoyez au moins une bouteille d’eau si vous descendez en pleine journée.

De retour sur la place, la camionnette du vendeur ambulant proposait boissons fraîches, gâteaux et sandwichs sous son auvent. Après la remontée, son jus d’orange fraîchement pressé m’a paru particulièrement bienvenu avant de reprendre le bus.

À ne pas confondre : les Grottes des Sarrasins

Les Grottes des Sarrasins ne sont pas d’anciens abris de pêcheurs comme ceux de Rinella ou des Balate. Situées dans les hauteurs de Santa Marina Salina, ce sont des cavités naturelles agrandies par l’homme dans le tuf. Elles auraient servi de refuge aux habitants lors des incursions de pirates au Moyen Âge.

On les rejoint par un itinéraire assez raide, à réserver à ceux qui disposent de davantage de temps et souhaitent ajouter une randonnée plus sauvage à leur séjour.

Monte Fossa delle Felci : la grande randonnée volcanique de Salina

Le Monte Fossa delle Felci culmine à 962 mètres, ce qui en fait le point le plus élevé de tout l’archipel. La réserve naturelle qui protège ce sommet et le Monte dei Porri est parcourue par un réseau de 13 sentiers, avec plusieurs accès depuis les villages. Pour cette randonnée, j’ai choisi une traversée de Valdichiesa à Malfa.

À Valdichiesa, le départ se fait derrière le sanctuaire de la Madonna del Terzito, dont l’édifice actuel remonte au XVIIe siècle. Toujours fréquenté pour les pèlerinages, il reste le principal sanctuaire marial des Éoliennes. À Salina, même l’ascension du plus haut sommet commence devant une église.

Sanctuaire de la Madonna del Terzito à Valdichiesa, au départ de la randonnée du Monte Fossa delle Felci à Salina, avec les reliefs volcaniques en arrière-plan
Le sanctuaire de la Madonna del Terzito, point de départ classique vers le Monte Fossa delle Felci

Le sentier gagne ensuite cet ancien volcan éteint, où Salina révèle son visage le plus vert : bois, fougères, maquis méditerranéen et cratère entièrement repris par la végétation.

La montée depuis Valdichiesa

Derrière le sanctuaire, le départ du sentier aménagé est assez mal indiqué. Je me suis d’abord engagé sur la piste forestière avant de comprendre mon erreur et de revenir sur mes pas. Une fois revenu au bon embranchement, les marches permettent de prendre rapidement de la hauteur, mais le tracé aide à fractionner l’effort. J’avançais par petites séquences, avec de fréquentes pauses pour reprendre mon souffle.

Ces arrêts donnaient aussi le temps de profiter de la montée : à la mi-mai, les fleurs sauvages bordaient le chemin, et il suffisait de se retourner pour voir le Monte dei Porri occuper tout l’horizon au-dessus de Valdichiesa et de ses parcelles cultivées.

Plus haut, le sentier aménagé débouche sur la piste forestière. Après les marches, la piste arrive comme une respiration : on a déjà bien pris de la hauteur et le pas retrouve un rythme plus tranquille.

Plus loin, j’ai repris un nouveau tronçon aménagé, puis poursuivi entre piste et sentier jusqu’aux abords du cratère. Avant de basculer sur l’autre versant, le chemin réserve une dernière grande vue sur le Monte dei Porri, drapé dans son vaste manteau vert au-dessus de Valdichiesa.

Vue sur le Monte dei Porri à Salina depuis les abords du cratère du Monte Fossa delle Felci, avec Valdichiesa, les champs et les reliefs volcaniques en contrebas
Arrivée aux abords du cratère, avec une dernière grande vue sur le Monte dei Porri

Au-delà du cratère, le regard porte vers la côte orientale de Salina. Lingua et son laghetto apparaissent tout en bas, tandis que Lipari et Vulcano semblent flotter sur la mer. Lorsque la visibilité est bonne, on aperçoit également la silhouette de l’Etna au loin.

Randonneur assis sur un banc au bord du cratère du Monte Fossa delle Felci, avec Lingua, le Laghetto di Lingua, Lipari et Vulcano en contrebas.
Pause au bord du cratère du Monte Fossa delle Felci, face à Lipari, Vulcano et l'Etna au loin

Pour moi, ce belvédère est la véritable récompense de la montée, plus encore que le sommet lui-même. J’y ai cassé la croûte face aux îles avant de parcourir les derniers mètres. Là-haut, même mon sandwich avait une autre saveur.

Peu après, des agents forestiers sont montés en voiture par la piste, ont fait une photo de groupe, puis sont repartis. Monter jusqu’ici rien que pour une photo : la vue se passait de commentaire.

J’ai ensuite été rejoint par deux randonneuses françaises, une médecin et une biologiste. La conversation a rapidement glissé vers la santé et les sources chaudes. Même au sommet de Salina, mon sujet avait fini par me rattraper.

Un cratère devenu forêt

Le cratère, lui, se dérobe presque au marcheur. N’attendez pas une grande cuvette minérale comme à Vulcano ou sur l’Etna : à pied, sa forme reste difficile à reconnaître sous les fougères, les arbustes et la forêt.

La piste forestière passe sur l’un de ses côtés et reste accessible aux véhicules autorisés. On traverse ainsi un cratère devenu forêt, sans toujours comprendre que l’on marche encore dans une ancienne structure volcanique.

Depuis le ciel, tout devient plus lisible : le cratère apparaît comme un immense creux vert, rempli d’une végétation si dense qu’elle semble impénétrable.

Vue aérienne du cratère du Monte Fossa delle Felci à Salina, recouvert de fougères, de forêt dense et de végétation, avec des nuages autour du sommet
Vu du ciel, le cratère du Monte Fossa delle Felci apparaît comme un immense creux vert au cœur de Salina
La descente vers Malfa

En prenant la direction de Malfa, le sentier offre d’abord l’un des plus beaux panoramas du parcours : le Monte dei Porri juste en face, la mer visible de chaque côté et les maisons dispersées sur les pentes. Une table de pique-nique permet d’ailleurs de s’arrêter devant cette vue.

Vue sur le Monte dei Porri depuis le sentier en direction de Malfa, avec une table de pique-nique au premier plan, les maisons des villages sur les pentes et la mer visible de chaque côté
L’une des plus belles pauses du parcours, face au Monte dei Porri

Après le panorama, le sentier se met déjà à descendre franchement. Un peu plus bas, au niveau du Rifugio Vallone Fontana, une première bifurcation permet de revenir vers Valdichiesa par un itinéraire plus doux ou de poursuivre vers Malfa. J’ai choisi Malfa.

Quelques minutes plus tard, alors que les marches ont déjà donné un avant-goût de la suite, un second sentier permet encore de regagner Valdichiesa : la dernière échappatoire avant la longue descente vers Malfa. Je l’ai laissée derrière moi.

Panneaux de randonnée sous le Monte Fossa delle Felci indiquant les directions de Valdichiesa et Malfa, sur un sentier boisé de Salina
Une échappatoire sous le Monte Fossa delle Felci, entre retour vers Valdichiesa et descente vers Malfa

La suite est moins belle que la montée depuis Valdichiesa. Le sentier plonge plus directement vers Malfa, avec de longues séries de marches, souvent assez hautes. J’ai rapidement compris que j’avais choisi le bon sens de parcours : dans l’autre sens, cette portion aurait été franchement rude.

Où dormir pour découvrir Salina ?

L’adresse thermale : l’hôtel Signum

À Malfa, l’Hotel Signum occupe d’anciennes maisons éoliennes restaurées, entre jardins méditerranéens et terrasses. Outre son spa géothermique et thermal, l’établissement est réputé pour son restaurant étoilé, tourné vers les produits et les saveurs de l’île.

Son atout : réunir dans un même lieu l’architecture éolienne, l’expérience thermale et une table étoilée.

Voir les tarifs et disponibilités de l’Hotel Signum

Le séjour d’exception : Capofaro

Plus isolé, Capofaro s’étend au milieu des vignes de Malvasia, autour d’un phare historique dont l’ancienne maison du gardien accueille aujourd’hui quelques hébergements. Le domaine fait face à la mer, avec Panarea et Stromboli à l’horizon.

Son intérêt : dormir dans un domaine viticole à l’écart des villages, entre le phare et la mer.

Voir les tarifs et disponibilités de Capofaro

Carte des hôtels et logements - Salina

Conseils pratiques pour organiser votre séjour à Salina

À retenir pour organiser votre séjour à Salina

Salina se rejoint facilement en hydroptère depuis les autres îles Éoliennes, mais mieux vaut ne pas chercher à tout voir en une seule journée. Je logeais à Vulcano et j’y suis venu deux fois : une première journée pour les villages, Pollara et les Balate, puis une seconde consacrée au Monte Fossa delle Felci.

  • Pour le Monte Fossa delle Felci : emportez suffisamment d’eau et de quoi manger. Plusieurs refuges ouverts jalonnent le parcours et permettent de faire une pause, mais vous n’y trouverez ni restauration ni ravitaillement.
  • Pour les déplacements : consultez les horaires des hydroptères et des bus C.I.T.I.S. avant d’organiser votre journée. Les correspondances déterminent souvent le temps réellement disponible sur l’île.
  • Si vous séjournez à Lipari : une excursion en bateau constitue une solution plus simple pour découvrir plusieurs visages de Salina en une journée. Celle-ci longe la baie de Pollara, avec un arrêt baignade dans le secteur, puis permet de débarquer à Santa Marina et à Lingua. Elle ne remplace pas la descente aux Balate ni la randonnée, mais évite de construire toute la journée autour des correspondances.

Voir l’excursion en bateau de Lipari à Salina

🌋 Pour poursuivre votre voyage dans les Éoliennes, retrouvez mon article consacré à l’ensemble de l’archipel et aux quatre autres îles que j’ai parcourues :

  • Îles Éoliennes : quelle île choisir, combien de jours prévoir et comment organiser son voyage
  • Vulcano : le Gran Cratere, les bains de boue et les phénomènes hydrothermaux
  • Lipari : la citadelle, Marina Corta et les paysages volcaniques
  • Panarea : Cala Junco, Capo Milazzese et les îlots volcaniques
  • Stromboli : les randonnées et l’observation des éruptions volcaniques

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Fabrice

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Je parle ici de sources chaudes, d’eaux minérales et de thermalisme, à partir de visites de terrain, de l’histoire des lieux et de recherches sur l’eau thermale.

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