Sources de Sainte-Marguerite : le spectacle du geyser

Niché sur une petite crête dominée par le pic Saint-Romain, le village de Saint-Maurice-ès-Allier (Puy-de-Dôme) cache à ses pieds un trésor oublié. Sur les bords de la rivière Allier, le site de Sainte-Marguerite dévoile les vestiges d’une époque fastueuse où les curistes se pressaient pour profiter de ses eaux réputées bienfaisantes. Aujourd’hui, si les thermes ont disparu, la magie opère toujours. Entre geysers intermittents, sources salées et architecture pittoresque, je vous invite à une promenade hors du temps sur les traces du thermalisme d’antan.

AU SOMMAIRE :

Carte des sources de Sainte-Marguerite

Accès et histoire : de la gloire à l'oubli

Ce site, classé Natura 2000 et géré par le Conservatoire d’Espaces Naturels d’Auvergne, est un modèle de réhabilitation douce. L’histoire du lieu est riche : connues dès l’époque romaine, ces sources ont connu leur âge d’or au XIXe siècle. En 1868, un véritable établissement de bains y accueillait jusqu’à 600 curistes par jour ! Malheureusement, la faillite de 1889 a sonné le glas de l’exploitation thermale.

Il reste aujourd’hui un parc magnifique où l’on déambule de source en source.

Informations Pratiques :

Accès : gratuit et ouvert toute l’année.

Parking : situé face à l’usine d’embouteillage Intermarché (suivre les panneaux à l’entrée du lieu-dit).

Le Parcours : le « Sentier du Geyser » démarre au fond du parking. Comptez 45 minutes de balade tranquille le long de la rivière.

Parking en face de l'usine d'embouteillage des sources de Sainte-Marguerite
Parking en face de l'usine d'embouteillage
Panneau pédagogique "Sentier du geyser" de Sainte-Marguerite
Panneau pédagogique et histoire du lieu

Le site : un musée à ciel ouvert

En arrivant, on est frappé par la sérénité des lieux. Contrairement aux grandes stations comme Vichy, ici, tout était simple et champêtre. On peut encore observer le pavillon thermal principal (aujourd’hui fermé) qui surplombe l’Allier. Sa façade porte les stigmates de son passé glorieux : des tuyauteries apparentes qui servaient à distribuer l’eau dans les salles de soins.

Le défi de la température : les sources de Sainte-Marguerite sont tièdes (inférieures à 30°C). Pour proposer des bains confortables à l’époque, il fallait donc chauffer l’eau artificiellement. Une prouesse technique coûteuse qui a sans doute pesé dans le destin économique de la station. (Pour comprendre pourquoi la chaleur est cruciale dans le soin, lisez mon article : « Les énormes bienfaits du bain chaud »).

Établissement thermal de Sainte-Marguerite
Cette façade du pavillon thermal donne sur la rivière Allier
Parc thermal de Sainte-Marguerite
Carte postale datée de 1954 - © Nature et Source Chaude

La Source de l'Île (Jules César)

C’est la plus discrète, mais aussi la plus chargée d’histoire. Découverte en 1885 sur un îlot au milieu de l’Allier, elle était accessible par une passerelle aujourd’hui disparue. Suite aux caprices de la rivière et aux crues, l’îlot a été rattaché à la berge. La source jaillit désormais par une petite ouverture, offrant un mini-geyser intermittent amusant à observer.

Ce phénomène d’intermittence est dû à l’accumulation de gaz carbonique () dans le conduit de la source. Lorsque la pression du gaz devient supérieure au poids de la colonne d’eau, elle l’expulse vers la surface, créant ce jaillissement rythmé si particulier. Imaginez : à la Belle Époque, les curistes pêchaient ici des truites pour corser leur menu à l’hôtel !

Source de l'île de Sainte-Marguerite
Source de l'île

La Source Brissac : le spectacle du Geyser

C’est l’attraction phare du site, celle pour laquelle on vient de loin. La Source Brissac est un véritable geyser intermittent. Toutes les 20 minutes environ, la pression monte et l’eau est projetée vers le ciel pendant plusieurs minutes, avant de retomber et de s’écouler vers la roselière.

Le parfum du soin

Lorsque le geyser s’active, une odeur caractéristique d’œuf couvé se dégage : c’est le sulfure d’hydrogène (H₂S). Loin d’être une nuisance, ce gaz soufré est traditionnellement apprécié pour accompagner le confort des voies respiratoires. N’hésitez pas à profiter de cette atmosphère vivifiante ! (En savoir plus : « Nettoyer ses poumons avec des méthodes simples et naturelles »).

Geyser au repos
Geyser actif par temps de pluie
Geyser au repos par beau temps
Geyser actif par beau temps

Les autres sources du parcours

La source Robinet

Abritée par un petit édicule en forme de lanterneau, c’était la buvette principale. Les curistes y venaient à heures fixes, sur ordonnance du médecin, pour boire cette eau minérale avant les repas. Elle est aujourd’hui tarie.

Source du Robinet tarie

La source du Héron

Enfermée dans une maisonnette sombre et curieuse, cette source est elle aussi tarie. Son architecture reste un mystère.

La Source Valois (ou de la Grotte)

C’est la plus photogénique. Un abri en pierre original protège le captage où l’eau continue de bouillonner, créant des ondulations hypnotiques à la surface. Les points blancs visibles ne sont pas des saletés, mais des dépôts de calcaire naturel. Le petit plus : un escalier étroit permet de monter sur le toit de la « grotte » pour une photo souvenir avec vue sur le parc.

Source de la Grotte, son toit et son donjon
Source Valois de Sainte-Marguerite
L'eau continue de jaillir dans cette petite retenue d'eau stagnante
Source la grotte à Sainte-Marguerite
Source de la Grotte - © Nature et Source Chaude

La source du Tennis

Sous sa maisonnette, cette source active déverse une eau à 26°C dans une vasque colorée. Le trop-plein inonde le pré voisin, favorisant une flore unique dite « halophile » (qui aime le sel), créant un contraste étonnant avec la végétation auvergnate classique.

Source du tennis et pré inondé
Le pré est inondé par les eaux de la source du Tennis
Source du Tennis et vasque en travertin
Vasque en travertin

La Source de la Chapelle

C’est la seule qui a survécu économiquement ! Captée et protégée dans un petit bâtiment type « cabane de chantier », son eau est acheminée vers l’usine voisine pour être embouteillée et vendue sous l’étiquette « Sainte-Marguerite » (Groupe Intermarché). C’est cette eau pétillante que vous retrouvez sur votre table.

Source de la chapelle de Sainte-Marguerite
Source de la chapelle de Sainte-Marguerite
Usine d'embouteillage des Eaux de Sainte-Marguerite (Intermarché)
Usine d'embouteillage des Eaux de Sainte-Marguerite (Intermarché)

Conclusion : une parenthèse effervescente

Les sources de Sainte-Marguerite offrent bien plus qu’une simple promenade digestive. C’est un voyage dans le temps, une immersion dans une époque où l’on prenait le temps de « prendre les eaux » au rythme de la nature. Entre le spectacle vivant du geyser Brissac et la mélancolie des buvettes abandonnées, ce site nous rappelle la puissance et la fragilité de nos ressources thermales.

D’ailleurs, l’aventure ne s’arrête pas là. Juste en face, sur la rive opposée (aux Martres-de-Veyre), le spectacle continue avec un autre site fascinant. Je vous invite à traverser le pont pour découvrir mon article sur « Les sources du Saladis : L’étonnant bassin qui bouillonne »

Où dormir pour explorer la vallée de l'Allier ?

Saint-Maurice-ès-Allier est idéalement situé pour découvrir le Puy-de-Dôme, à la frontière entre les volcans d’Auvergne et les villages de caractère. C’est le camp de base parfait pour visiter Montpeyroux (classé parmi les Plus Beaux Villages de France) situé juste en face, ou pour profiter des berges sauvages de l’Allier.

Voir les hébergements de charme autour de Montpeyroux et Saint-Maurice

Pour trouver un gîte de caractère ou un hôtel confortable à proximité de ces sites classés, utilisez la carte interactive ci-dessous :

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Fabrice

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Fabrice, enchanté !

Bienvenue ! À l’écoute des bienfaits de la nature, je partage ici mes découvertes. Des sources chaudes aux piliers du vivant — l’eau, l’air et la lumière — redécouvrons ensemble notre lien profond avec les éléments.

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