Visiter Ischia : l’île thermale de la baie de Naples
- Par Nature Source Chaude
- Publié le
- Mis à jour le 19 août 2026
Au large de Naples, Ischia apparaît d’abord comme une île étonnamment verte, entre versants boisés, jardins et cultures en terrasses. Ce vert ne vient pas seulement de la végétation : il se retrouve aussi dans le tuf volcanique du Monte Epomeo, altéré autrefois au contact de l’eau de mer. Avec environ 46 km² et près de 60 000 habitants, Ischia est la plus grande île du golfe de Naples.
Mais ce qui distingue vraiment Ischia se trouve sous la surface. L’eau thermale y est partout. Pour s’y baigner gratuitement, en revanche, il faut rejoindre la mer. Ailleurs, elle alimente les piscines réservées aux clients des hôtels, les grands parcs thermaux accessibles à la journée et plusieurs sites historiques, comme Cavascura, Nitrodi ou les Terme Belliazzi, qui conservent des formes plus anciennes de thermalisme.
Je suis resté une semaine sur l’île pour suivre le fil de cette eau, des sources qui se mêlent à la mer aux grands parcs thermaux. Mais Ischia ne se résume pas à ses bains : j’ai aussi parcouru ses jardins, ses villages et ses belvédères. Quant au Castello Aragonese, il a été mon véritable coup de cœur sur l’île.
Ce guide réunit les lieux à découvrir selon le temps dont vous disposez, pour une journée depuis Naples ou un séjour de plusieurs nuits. J’y indique aussi, au fil des étapes, où dormir à Ischia selon l’emplacement, le cadre ou l’accès aux eaux thermales.
AU SOMMAIRE :
Que voir à Ischia en plus des thermes ?
Le Castello Aragonese : le château aragonais d’Ischia posé sur la mer
Posé sur son rocher face à Ischia Ponte, relié à l’île par une longue chaussée de pierre, le château aragonais donne l’impression d’un monde à part, à la fois proche et détaché.
Il fut longtemps bien davantage qu’une forteresse. À son apogée, à la fin du XVIe siècle, près de 1 900 foyers vivaient sur l’îlot, aux côtés de l’évêché, du séminaire, des couvents, des églises et de la garnison. Le Castello formait alors une véritable ville-refuge suspendue au-dessus de la mer.
Églises, ancien cimetière des religieuses, prison bourbonienne, tour de guet, cathédrale, terrasses et belvédères : le Castello ne se visite pas comme un simple monument. Il condense sur un seul rocher des siècles de pouvoir, de foi, de défense et d’exil. C’est ce mélange, autant que les vues sur la baie de Naples, le Vésuve, Ischia et la mer, qui en fait l’un des grands repères de l’île.
J’étais venu à Ischia pour ses sources chaudes ; c’est pourtant cette forteresse posée sur la mer qui a été mon véritable coup de cœur sur l’île.
Informations pratiques pour visiter le Castello Aragonese
Visite du château
Comptez environ deux heures pour visiter le Castello Aragonese sans vous presser. Le parcours fait près de 2 km. Le plus pratique est de monter par l’ascenseur, puis de suivre le parcours balisé à pied. Lors de ma visite, l’entrée plein tarif m’a coûté 15 €.
Dormir dans le château
Pour une nuit vraiment atypique, il est possible de dormir dans l’enceinte même du château, à l’Albergo Il Monastero. Cet hôtel 3 étoiles occupe l’ancien monastère du Castello Aragonese, avec une décoration sobre et dépouillée, parfaitement accordée au lieu.
Le château appartient depuis 1912 à la famille Mattera, qui en poursuit aujourd’hui la restauration et l’ouverture au public. Le vrai privilège est de rester sur le rocher après la fin des visites, avec la mer sous les fenêtres, Ischia Ponte en contrebas et cette vue que les visiteurs d’un jour doivent quitter.
Visiter Ischia en un jour
Pour un aller-retour depuis Naples, le château aragonais complète idéalement l’une des grandes visites de votre journée à Ischia. Il apporte une respiration historique et panoramique, surtout si le reste du programme est consacré aux thermes et à la nature.
Les jardins d’Ischia : l’autre visage de l’île verte
La Mortella : le grand jardin botanique d’Ischia
Créés par Susana Walton pour offrir à son mari, le compositeur Sir William Walton, un lieu propice à l’inspiration, les jardins de La Mortella ont pris forme avec l’aide du paysagiste Russell Page.
Sur une terre volcanique difficile, elle a réussi à créer un véritable microclimat, où se mêlent plantes méditerranéennes, espèces exotiques, bassins, jeux d’eau et terrasses ombragées. La visite serpente entre allées, escaliers, étangs et belvédères, dans une végétation entretenue avec un soin méticuleux.
Ce n’est pas seulement un jardin botanique : c’est une parenthèse luxuriante, avec en prime de très belles vues sur Forio et la mer. Pour les amateurs de jardins, c’est clairement l’une des visites à ne pas manquer à Ischia.
Informations pratiques pour visiter La Mortella
Horaires et tarifs
Les jardins de La Mortella ouvrent généralement d’avril à début novembre, les mardi, jeudi, samedi et dimanche, de 9 h à 19 h. Lors de ma visite, l’entrée plein tarif m’a coûté 15 €.
Durée et parcours
Comptez au minimum 2 heures pour visiter le jardin sans courir. Le parc couvre environ 2 hectares et se découvre par un parcours en pente, avec des rampes, des escaliers et plusieurs terrasses. Une bonne partie de la visite se fait à l’ombre, ce qui rend le lieu agréable même lorsqu’il fait chaud.
Sur place
On trouve des toilettes, des espaces pour s’asseoir et un bar/restauration dans le jardin. En revanche, les animaux ne sont pas acceptés, même en laisse.
Giardini Ravino : le jardin exotique d’Ischia
Les Giardini Ravino sont nés du rêve de Giuseppe D’Ambra, marin et grand passionné de plantes succulentes, qui rapportait graines et boutures de ses voyages autour du monde. Au début des années 2000, sa collection a trouvé son décor : un ancien vignoble transformé en jardin d’acclimatation, entre cactus géants, agaves, palmiers, agrumes et plantes venues de climats arides.
Le lieu est plus petit que La Mortella, mais il a une vraie personnalité : par moments, on se croirait presque au Mexique, version Ischia. Pas de Bip Bip ni de coyote entre les cactus, mais des paons qui traversent le jardin comme s’il leur appartenait, et qui restent toujours hors de portée dès qu’on tente de s’en approcher.
Si vous restez plusieurs jours à Ischia, c’est clairement une visite à intégrer, surtout si vous aimez les jardins atypiques. Au bar-restaurant, j’ai aussi pris le cocktail cactus avec tequila : une boisson étonnamment délicieuse, à goûter sur place.
Informations pratiques pour visiter les Giardini Ravino
Horaires et tarifs
Les Giardini Ravino se visitent généralement de 10 h à 19 h, tous les jours sauf mardi et jeudi. Lors de ma visite, l’entrée plein tarif m’a coûté 12 €.
Durée et parcours
Le jardin est plus petit que La Mortella, mais comptez quand même 1 h 30 à 2 h pour en profiter tranquillement. Moins monumental, mais très dépaysant.
Où dormir : Villa Ravino et piscines thermales
Pour prolonger l’expérience, il est possible de dormir juste à côté, à Villa Ravino, une résidence/B&B avec chambres et appartements liés au même univers végétal. Le vrai plus : rester à Forio, avec le jardin botanique à portée de main et un espace bien-être avec piscine extérieure, piscine thermale intérieure avec hydromassage et bain turc.
Pourquoi Ischia est une île thermale
Ischia n’est pas thermale par hasard : l’île repose sur un système hydrothermal encore actif, lié à son histoire volcanique. Sous le sol, les eaux circulent dans les fractures, se réchauffent en profondeur, se chargent en gaz et en minéraux, puis remontent vers la surface.
L’échelle du phénomène est impressionnante : un inventaire scientifique recense environ 264 points de prélèvement d’eaux souterraines sur l’île, dont une majorité de puits. Ce chiffre, qui témoigne de l’incroyable activité du sous-sol, ne doit pas être confondu avec le nombre de sources naturelles visibles. Ischia compte plutôt 29 groupes de sources thermales, auxquels s’ajoutent de nombreux phénomènes fumaroliques. Les 264 points regroupent donc des réalités différentes : des sources historiques aménagées, mais surtout des puits, forages et captages qui alimentent les établissements thermaux et touristiques de l’île.
Cette diversité se retrouve dans les eaux elles-mêmes : selon les secteurs, leur salinité va d’environ 1 à 42 g/L, avec des températures pouvant varier de 13 à 90 °C. Ischia ne possède donc pas une seule eau thermale, mais plusieurs mondes thermaux réunis sur une même île.
Cette richesse du sous-sol se voit même à petite échelle. À Forio, dans le B&B où je logeais, le propriétaire m’a expliqué avoir fait réaliser un forage : il dispose ainsi d’une arrivée d’eau chaude issue du sous-sol, sans pour autant avoir de piscine thermale sur sa propriété.
Ici, on comprend vite qu’il ne s’agit pas seulement de “trouver une source” : dans plusieurs secteurs de l’île, l’eau chaude est déjà sous vos pieds. Encore faut-il la capter correctement.
Les parcs thermaux accessibles à la journée
L’entrée dans chacun de ces parcs donne accès à plusieurs bassins thermaux, dont la température s’échelonne généralement entre 28 et 40 °C, de l’eau simplement tiède au bain plus chaud. La chaleur agit déjà sur le corps, avec des effets qui varient selon la température ; la composition chimique de l’eau thermale ajoute une autre dimension au bain. En bord de mer, certains parcs permettent aussi de passer de l’eau thermale à la crique ou à la plage.
Les piscines Kneipp : le froid après la chaleur
Dans plusieurs parcs, de petites piscines d’eau froide, généralement comprises entre 15 et 20 °C, sont signalées comme des piscines Kneipp. Elles sont souvent installées près des bassins thermaux ou des grottes de vapeur, ce qui permet de passer facilement du chaud au froid.
Pour mieux apprécier leur effet stimulant, il est préférable d’avoir d’abord réchauffé le corps, par l’exercice, un bain thermal ou un passage dans la vapeur. Contrairement au bain froid pratiqué seul et très à la mode sur Internet, le froid intervient ici en contrepoint de la chaleur, et non à froid.
Chacun de ces parcs possède également une grotte thermale, sorte de sauna à chaleur humide.
Avant d’entrer, mieux vaut vérifier les règles propres à chaque établissement. Elles varient surtout pour les enfants : les bassins thermaux, les grottes et certains parcours de soins sont le plus souvent réservés aux adultes, tandis que les plus jeunes sont orientés vers les piscines d’eau de mer ou les bassins non thermaux. Autre détail à ne pas négliger : dans certains parcs, le bonnet de bain est obligatoire, même si une casquette ou un chapeau suffit parfois pour accéder aux bassins.
Giardini Poseidon Terme, à Forio : le grand classique d’Ischia
Giardini Poseidon Terme est le parc thermal le plus vaste d’Ischia, installé à Forio dans le creux spectaculaire de la baie de Citara, entre la mer, les pentes cultivées et les parois de tuf qui ferment le site côté montagne.
Le parc occupe tout l’espace disponible au pied du relief et donne une certaine cohérence à l’ensemble.
À peine les portes poussées, on a l’impression de se tenir au seuil des enfers : à l’intérieur, une chaleur humide vous frappe au visage. Le corps transpire, se réchauffe, le pouls s’accélère ; puis, bientôt, on s’habitue à ce milieu dense, qui finit même par devenir agréable.
À la sortie, le rituel peut se poursuivre de deux façons : par le contraste, sous une douche froide ou dans la petite piscine Kneipp voisine, ou par le repos, sur un transat, le temps de laisser le corps redescendre doucement. Pourtant, beaucoup de visiteurs reprennent aussitôt leur parcours, comme s’il ne s’agissait que d’une étape à cocher.
La présence discrète d’un membre du personnel rappelle d’ailleurs que cette grotte n’est pas une attraction anodine. Dans ce décor presque cinématographique, on retrouve une pratique ancienne : les bains de vapeur ont longtemps été considérés comme des remèdes puissants, bien au-delà d’un simple moment de détente.
Bains de vapeur : pourquoi la chaleur humide est différente
Le bain de vapeur, autrefois appelé étuve, est souvent désigné à Ischia par les expressions italiennes sauna naturale in grotta ou stufa. Il était longtemps considéré comme l’un des grands soins thermaux, notamment dans certaines maladies de la peau, lorsque le bain chaud n’avait pas été aussi utile qu’on l’aurait désiré.
Sa particularité tient à la tolérance du corps : une température élevée est plus supportable dans la vapeur que dans l’eau. On peut ainsi rester dans une étuve humide autour de 50 °C, voire 55 °C, alors qu’une eau portée à cette température serait impossible à supporter. La chaleur sèche, elle, peut atteindre des températures encore plus élevées.
Ischia abrite encore de nombreuses grottes thermales relevant de cette chaleur humide, devenue plus rare dans les établissements thermaux du continent. C’est donc une expérience à ne pas traverser trop vite : ces saunas naturels font partie de ce que le thermalisme d’Ischia conserve de plus authentique.
Dans une source chaude naturelle, on passe souvent d’une vasque à l’autre en deux pas. À Poseidon, on change presque de quartier. Le parc est immense et les piscines, réparties à différents niveaux, sont parfois assez éloignées les unes des autres. Il faut sortir de l’eau, traverser les allées, puis repartir à la recherche de la température suivante.
Je n’avais pas prévu de chaussures d’eau et je l’ai vite regretté : entre les allées pavées et les grandes dalles de pierre volcanique, le sol devient vite brûlant sous le soleil. Pensez donc à glisser des sandales de piscine ou des chaussures de plage dans votre sac. Ici, le parcours thermal se fait aussi à pied.
Informations pratiques pour visiter les Giardini Poseidon
Horaires et tarifs
Le parc ouvre tous les jours du 18 avril au 31 octobre, de 9 h à 19 h, puis jusqu’à 18 h en octobre. L’entrée coûte 50 € pour la journée ou 45 € à partir de 13 h. Le bonnet de bain est obligatoire.
Réserver son entrée
Vous pouvez acheter votre billet à l’avance sur GetYourGuide, avec annulation gratuite jusqu’à 24 heures avant la visite.
→ Réserver son entrée aux Giardini Poseidon
Où dormir à proximité ?
À environ 400 mètres des Giardini Poseidon et 100 mètres de la plage de Citara, l’Hotel Casa del Sole est un petit hôtel familial 2 étoiles. On rejoint à pied le parc thermal le plus célèbre d’Ischia, et l’arrêt de bus se trouve presque devant l’hôtel. Autre atout : la vue sur la baie de Citara au coucher du soleil.
Negombo, à Lacco Ameno : le plus beau compromis entre thermes et jardin
Avant même l’aménagement du parc Negombo, la baie de San Montano était déjà liée aux eaux thermales : elles jaillissaient au pied du Monte di Vico, dans ce petit amphithéâtre naturel ouvert sur la mer.
Le parc ne se dévoile pas immédiatement depuis l’entrée. Les grands bassins apparaissent après avoir traversé une première partie du site, en retrait, légèrement au-dessus de la plage.
C’est justement ce qui fait la force de Negombo : l’expérience n’est pas seulement thermale, elle devient aussi balnéaire. Le parc donne accès à la plage de San Montano, l’une des plus belles anses d’Ischia, partagée entre une partie publique et une plage privée aménagée.
Mais avant de filer vers la plage, Negombo se découvre comme un jardin dense, riche d’environ 500 espèces, où les aménagements semblent avoir été pensés autant que dessinés. Au fil des escaliers, des terrasses et des chemins de pierre, le parc révèle aussi sa différence : la place donnée à l’eau en mouvement.
À Negombo, l’eau chaude ne se contente pas de remplir les bassins : plusieurs installations thermales lui donnent un rôle plus actif, avec des douches où elle est dirigée avec une certaine puissance vers la zone du corps à détendre. La force ressentie dépend surtout de la hauteur de chute, qui donne sa vitesse à l’eau, mais aussi de l’ajutoir : plus son ouverture est large, plus la masse d’eau reçue est importante.
C’est ce qui rend certains dispositifs particulièrement intéressants pour dénouer les tensions du crâne, de la nuque, des épaules ou du dos. Quand l’eau tombe avec justesse, elle devient l’un des meilleurs massages naturels. On n’est plus seulement dans l’immersion, mais dans une forme d’hydrothérapie intégrée au décor.
Informations pratiques pour visiter Negombo
Horaires et tarifs
Negombo ouvre généralement du printemps au début de l’automne, de 8 h 30 à 19 h. Les tarifs varient selon la période. Contrairement à Poseidon, le bonnet de bain n’est pas obligatoire.
Dormir dans le parc
Directement intégré à Negombo, l’Hotel della Baia est un petit hôtel 4 étoiles installé face à la plage de San Montano, au milieu de la végétation. Il possède également une piscine intérieure et un bain turc. À partir de la demi-pension, l’accès au parc thermal est inclus dans le séjour.
Dormir au-dessus de la baie
Sur le promontoire qui domine Negombo, le San Montano Resort & Spa, hôtel 5 étoiles, possède son propre parc thermal, avec onze piscines et bains à remous répartis dans les jardins face à la mer. Une autre manière de profiter des eaux d’Ischia, cette fois depuis les hauteurs, avec un panorama spectaculaire sur toute la baie. La navette gratuite de l’hôtel permet également de rejoindre la plage de San Montano et le parc Negombo, situés en contrebas.
Parco Termale Castiglione, à Casamicciola Terme : des bassins dans la vallée verte
Le secteur de Castiglione était déjà connu pour ses eaux chaudes, qui jaillissaient près du rivage, au pied d’un ancien site fortifié. Il n’en reste aujourd’hui que de rares vestiges de murs intégrés à la nature, mais le nom est resté pour désigner tout le secteur géographique et, par extension, le parc thermal.
Par rapport à Negombo et Poseidon, plus vastes et conçus comme de véritables parcours, Castiglione offre une expérience plus compacte. Depuis l’entrée située sur les hauteurs, on rejoint les installations par le funiculaire ou à pied. Les bassins sont regroupés sur quelques terrasses proches, avec des températures variées. On passe ainsi plus de temps dans l’eau et moins de temps à parcourir le parc.
Le parc descend jusqu’à la mer, mais il ne faut pas imaginer une véritable plage : l’accès se fait depuis une plateforme aménagée. Le cœur de l’expérience se trouve donc dans les bassins thermaux.
Informations pratiques pour visiter Castiglione
Période d’ouverture
En 2026, Castiglione ouvre tous les jours du 24 avril au 4 octobre, de 10 h à 18 h. Le bonnet de bain est obligatoire.
Réserver son billet
Vous pouvez acheter votre entrée à l’avance sur GetYourGuide, avec annulation gratuite jusqu’à 24 heures avant la visite. À la billetterie, suivez le panneau « Web Tickets » pour emprunter la file réservée aux billets achetés en ligne.
→ Réserver son entrée au parc thermal Castiglione
Dormir dans le parc
Installé à l’intérieur même du parc, l’Hotel Oasi Castiglione est un hôtel 4 étoiles dont les chambres sont réparties dans différentes parties du domaine, au milieu de la végétation. Le séjour comprend l’accès aux piscines thermales, ainsi que des transats et un parasol réservés. Plusieurs chambres disposent aussi d’une terrasse face au golfe de Naples.
Les parcs thermaux de Sant’Angelo
En me rendant à Sant’Angelo, le bus termine sa course à Cava Grado, un peu à l’écart de la partie basse du village. La route continue encore un peu, mais pour le bus, le trajet s’arrête ici. La suite se fait surtout à pied, ou avec les petites voiturettes électriques qui serpentent vers le village.
En remontant légèrement la route, Romantica / Sinfonia apparaît comme la principale option thermale accessible dans cette partie haute de Sant’Angelo. Le parc dépend de l’hôtel, mais accueille aussi les visiteurs extérieurs. Le même ensemble permet de dormir sur place au Romantica / Sinfonia à Sant’Angelo
, dans un cadre thermal accroché à la pente, entre palmiers, terrasses et collines volcaniques.
En descendant la route depuis Cava Grado, le panorama s’ouvre tout à coup sur l’extrémité sud d’Ischia : un îlot rocheux relié au village par une langue de sable, comme une petite scène suspendue entre deux eaux.
Puis le regard file vers les Maronti, souvent présentée comme la plus belle plage d’Ischia : près de trois kilomètres de sable étirés au pied de hautes falaises de tuf.
Ici, il ne faut pas s’attendre à trouver une source nue, ni ces bassins naturels entourés de pierres que l’on associe spontanément aux sources chaudes. Le secteur est bien thermal, mais l’eau ne se présente plus à l’état brut : elle est depuis longtemps passée dans le monde des structures thermales privées. Les aménagements actuels ont remplacé les anciens, qui avaient déjà recouvert les sources dans leur forme naturelle ; toute trace de cet état originel est désormais effacée.
Ce basculement s’est accéléré avec le grand mouvement thermal européen. Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’intérêt pour Ischia se ravive, transformant peu à peu l’île en destination recherchée par les aristocrates et les intellectuels.
À l’entrée des Maronti côté Sant’Angelo, le thermalisme ne se montre plus sous forme de source, mais dans un paysage très aménagé, où plusieurs bâtiments thermaux se mêlent aux autres constructions, accrochés au peu d’espace disponible.
Tout semble avoir été serré là où l’eau chaude pouvait encore être exploitée. Dans ce paysage gagné sur la pente et la plage, Aphrodite Apollon se distingue surtout par son parc thermal ouvert aux visiteurs extérieurs : on peut profiter des bassins sans réserver de chambre.
Plus à l’est de la plage des Maronti, d’autres sources chaudes ont elles aussi été absorbées par des constructions qui se présentent aujourd’hui comme des hôtels thermaux. D’un bout à l’autre de la baie, l’eau chaude n’est pas un détail : elle a orienté le développement touristique du littoral.
Aphrodite Apollon est donc l’option la plus simple dans ce secteur pour profiter d’un parc thermal sans dormir à l’hôtel. Ceux qui veulent rester sur place peuvent aussi séjourner à l’Hotel Apollon / Apollon Club & Thermal Spa
, directement lié au parc.
Les sources naturelles et phénomènes géothermiques d’Ischia
Baia di Sorgeto : les sources chaudes naturelles incontournables
À Sorgeto, on ne vient chercher ni une plage de sable ni des « bains de lame », c’est-à-dire une baignade directement exposée aux vagues. Le lieu fonctionne autrement. Resserrée entre deux avancées rocheuses, la petite crique est relativement protégée et la mer y est souvent plus calme. On peut alors s’avancer dans l’eau jusqu’à la taille, barboter et profiter tranquillement du bain.
Mais à Sorgeto, on entre par la mer et l’on reste pour la chaleur. L’eau chaude jaillit au bord du rivage et depuis le fond marin. La crique abritée fait le reste : au lieu d’être aussitôt dispersée par la mer, la chaleur reste prise dans des bassins peu profonds. Au fil du temps, les pierres ont été déplacées, ajustées, empilées pour retenir l’eau chaude et dessiner les contours du bain. C’est ce bricolage de roche qui donne à la source ce visage brut que l’on associe aux sources chaudes naturelles. L’eau de mer vient en adoucir l’intensité, même si, aux points d’émergence, la température peut être extrême, jusqu’à 90 °C.
Ici, la température n’est pas ajustée. Elle dépend de la mer, des vagues, de la saison et de l’endroit où l’on s’installe. À Sorgeto, c’est la nature qui règle le bain.
Informations pratiques pour visiter Sorgeto
Accès à Sorgeto
La baie de Sorgeto se trouve sur la commune de Forio, en contrebas du hameau de Panza. Depuis l’arrêt de bus situé sur la route principale, il faut descendre toute la Via Fumerie jusqu’au départ de l’escalier, puis encore environ 250 marches pour atteindre la crique. Au retour, le même chemin vous attend, mais entièrement en montée : les marches d’abord, puis la Via Fumerie.
Stationnement
En voiture, scooter ou moto, on peut se rapprocher du départ des escaliers. Il est possible de laisser son véhicule dans l’enceinte du Punta Chiarito Resort, juste avant la descente, pour quelques euros. Une petite zone non surveillée permet aussi de garer quelques scooters près de l’escalier, mais les places sont limitées.
Repartir en bateau
En saison, des bateaux-taxis relient directement Sorgeto à Sant’Angelo et à plusieurs points de la côte des Maronti. Lors de mon passage, l’aller simple coûtait 7 € vers Sant’Angelo, 10 € vers les Fumaroles et 12 € vers Cavascura, Olmitello ou les Maronti. Les tarifs étaient doublés après 19 h 30. Les départs dépendent toutefois de la saison et de l’état de la mer.
Où manger près de Sorgeto ?
Au-dessus de la crique, Da Gisella et Punta Chiarito font partie des restaurants connus du secteur. En bas, le petit restaurant La Sorgente se trouve directement dans la baie. Lors de mon séjour, à la mi-mai, il était ouvert et disposait aussi du Wi-Fi.
Dormir au-dessus de Sorgeto
Juste au-dessus de la baie, le Punta Chiarito Resort prolonge l’expérience côté hôtel thermal. Ses piscines et sa grotte thermale occupent un promontoire rocheux dominant la mer. C’est l’hébergement le plus directement lié à Sorgeto.
Prudence dans les bassins
Certaines zones peuvent être brûlantes, surtout près des arrivées d’eau chaude. Testez toujours la température avant de vous installer, avancez doucement entre les rochers et prévoyez des chaussures d’eau.
Baie de Cartaromana : la source tiède oubliée face au Castello Aragonese
Après Sorgeto, Cartaromana donne l’impression inverse. À Sorgeto, dès la descente par les escaliers, on comprend où se joue le bain : les rochers, les bassins occupés du matin au soir, la source encore vivante dans les usages. À Cartaromana, je m’attendais à une source plus modeste, mais rien n’indiquait vraiment sa présence. J’ai même cru qu’elle s’était tarie.
Elle n’est pourtant pas totalement absente. Elle se tient à l’écart de la partie dégagée de la plage, près de la falaise, dans un recoin plus chaotique où se mêlent roches, flaques et appuis instables.
On traverse ce recoin dans l’eau, sans forcément comprendre ce que l’on foule. À première vue, ce n’est qu’une poche d’eau laissée par la mer. Puis la sensation surprend : par endroits, là où de petites bulles s’échappent du fond, l’eau devient tiède, autour de 30 °C. Ce n’est pas un bain complet, plutôt un bain de pieds. Mais le doute s’installe : cette flaque pourrait bien être ce qu’il reste d’un bain ancien, vestige discret d’un passé plus glorieux, quand l’eau de Cartaromana comptait encore dans la médecine thermale de l’île.
C’est là que le lieu devient troublant. Dès la fin du XVIe siècle, Giulio Jasolino, médecin et philosophe calabrais, décrit les eaux d’Ischia dans son traité médical consacré à l’île, publié pour la première fois en 1588. Dans les éditions anciennes de ce texte, le secteur de Piaggia Romana, l’actuelle Cartaromana, est mentionné pour ses eaux claires, ferrugineuses et réputées pour plusieurs usages médicinaux.
L’eau n’y est pas décrite comme brûlante, mais comme tiède, jaillissant en quantité dans un petit bassin de pierres et de sable, avant de rejoindre en partie la mer. Le texte évoque même un “Bagno degli occhi”, un bain des yeux situé dans ce secteur de Piaggia Romana, signe que cette eau avait une réputation particulière dans la tradition médicale locale.
Rien ne permet d’affirmer avec certitude que le trou d’eau visible aujourd’hui correspond exactement à cette ancienne source. Mais plusieurs détails interpellent : la plage, les rochers, l’eau tiède, et surtout les couleurs brun-rouille laissées autour des pierres, qui rappellent bien l’eau ferrugineuse décrite autrefois.
Alors on regarde ce petit bassin autrement : non plus comme de l’eau de mer simplement piégée entre les rochers, mais comme le vestige possible d’un bain ancien, qui avait sans doute plus de présence qu’aujourd’hui. La source s’est faite discrète ; elle s’efface désormais dans la vie balnéaire, tandis que le château aragonais, perché sur son îlot trachytique, demeure au loin comme un repère indélébile.
Informations pratiques pour visiter Cartaromana
Accès
Pour y venir, le plus simple reste le bateau-taxi depuis Ischia Ponte. On peut aussi s’en approcher en bus puis finir à pied, mais l’accès est plus sommaire qu’à Sorgeto, et la remontée peut vite devenir sportive.
Où manger à Cartaromana ?
Sur la plage, le Ristorante Da Maria permet de manger en terrasse face au château aragonais. Le personnel m’a aussi confirmé que le petit bassin tiède près des rochers était bien identifié comme la source chaude de Cartaromana.
Découvir Ischia depuis la mer
Explorer les fonds de Cartaromana
Au départ d’Ischia Ponte, cette sortie en bateau et en snorkeling suit la côte sud-est de l’île. Elle rejoint la Grotta Verde et la Grotta del Mago, situées plus loin après Cartaromana, puis revient dans la baie pour explorer le Scoglio del Ninfeo et les vestiges submergés du port romain d’Aenaria. Devant le Castello Aragonese, on peut aussi observer, dans une eau très peu profonde, des bulles de CO₂ remontant naturellement du fond marin.
Faire le tour d’Ischia en bateau
Cette excursion permet de découvrir l’ensemble du littoral d’Ischia, avec plusieurs pauses baignade et un déjeuner à bord. Le bateau passe notamment devant Cartaromana, le Castello Aragonese et la baie de Sorgeto, tout en longeant des criques et des portions de côte difficiles à voir depuis la terre.
Buceto : la source froide aux usages traditionnels
La source de Buceto, ou Fonte di Buceto, peut constituer un excellent prétexte pour découvrir la forêt de Buceto, la dernière grande étendue boisée d’Ischia. On peut encore y marcher longtemps sans croiser grand monde, même si certains bruissements dans la végétation font parfois sursauter. Sur le moment, j’ai cru à une présence humaine cachée dans les sous-bois ; ce n’étaient finalement que quelques chèvres marronnes, bien dissimulées entre les arbres.
Historiquement, les eaux froides de Buceto étaient décrites comme légères, limpides et agréables à boire, au point d’être considérées parmi les meilleures eaux de l’île pour la consommation. La source de Buceto, la plus célèbre des sources de ce secteur, est aujourd’hui captée dans un petit ouvrage technique dissimulé sous la végétation. À l’origine, il ne s’agissait pourtant que d’un griffon naturel.
Derrière cette apparente simplicité, cette eau minérale, comme les sources chaudes qui coulent plus bas, a profité des cassures du sous-sol volcanique pour remonter jusqu’à la surface. En circulant dans la roche, elle s’est enrichie en minéraux, ce qui a sans doute contribué à la réputation ancienne de la Fonte di Buceto pour ses vertus thérapeutiques.
Lorsque j’ai ouvert la vanne, fixée dans la roche en contrebas du petit ouvrage de captage, la pression m’a surpris. Pourtant, rien n’indique ici la présence d’un pompage. Le bâtiment maçonné semble plutôt collecter l’eau avant de l’acheminer vers ce point de puisage plus bas. La gravité suffit alors à créer une pression naturelle, à mettre la conduite en charge et à produire ce jet étonnamment vigoureux. Après une bonne heure de marche dans la forêt, cette eau froide m’a franchement revigoré.
🥾 Deux randonnées pour prolonger la découverte
De Cretaio à Buceto, puis vers le Monte Epomeo
Depuis l’arrêt de bus de Cretaio, il reste environ 600 mètres de route avant de rejoindre le large escalier de pierre qui marque le départ du sentier. Le chemin traverse ensuite une forêt de châtaigniers et de chênes verts jusqu’à la source de Buceto. Les marcheurs les plus endurants peuvent poursuivre vers Piano San Paolo, puis gagner le sommet du Monte Epomeo, à 789 mètres.
Près du sommet, La Grotta da Fiore est un véritable petit restaurant familial, en partie creusé dans le tuf. On y sert des spécialités locales et des produits du jardin, avec un panorama qui s’étend de Capri jusqu’aux îles Pontines.
La traversée des volcans de Rotaro
Une autre randonnée remarquable part de la pinède de Fiaiano, puis traverse le Fondo Ferraro, les pentes boisées du Monte Rotaro et le Fondo d’Oglio. Le parcours mêle cratères, forêts et zones de fumerolles avant de redescendre vers Casamicciola. L’itinéraire ne revient pas à son point de départ : mieux vaut donc venir en bus.
Les Fumarole de Sant’Angelo : la plage géothermique qui respire
Les fumerolles des Maronti font partie des curiosités géothermiques d’Ischia, mais le phénomène reste discret. Sur le sable, les traces de pas dans le périmètre interdit disent assez bien la curiosité qu’elles suscitent. On vient voir ce point chaud où les gaz s’échappent du sol, mais aussi cette tradition locale étonnante : cuire œufs, pommes de terre ou poisson directement sous le sable. Le panneau rappelle toutefois la réalité du lieu : ici, la température peut dépasser 100 °C sous la surface.
Même en s’approchant de la zone, les dégagements de vapeur restent discrets en pleine journée et aucune odeur soufrée ne saute au nez. En revanche, le soir, avec une lumière plus basse, ces filets doivent sans doute mieux se détacher du sable.
Le plus intéressant reste peut-être d’en faire une expérience culinaire : certains restaurants du secteur utilisent encore cette chaleur naturelle pour cuire des aliments sous le sable.
Les thermes anciens et sources historiques
Cavascura : un thermalisme d’un autre âge
Derrière la longue plage des Maronti, on s’engage dans un étroit vallon de tuf volcanique. Après quelques minutes de marche depuis l’arrière de la plage, on atteint Cavascura, des thermes fortement intégrés à la roche, qui semblent avoir échappé à plusieurs siècles de modernisation.
Cette impression se confirme dès l’entrée du site. Les cabines de bain, adossées aux parois de tuf du vallon, évoquent de petites chambres troglodytiques. À l’intérieur de chacune d’elles, une baignoire étroite, creusée dans la roche, reçoit l’eau thermale amenée par une simple rigole. Difficile de faire plus dépouillé : Cavascura passe pourtant pour l’un des plus anciens établissements thermaux d’Ischia, traditionnellement rattaché à l’époque romaine, et ces baignoires portent encore la mémoire de cette origine ancienne.
Le système est rudimentaire, mais ingénieux. À l’entrée de chaque cabine, un petit dispositif permet de réguler l’arrivée d’eau vers le bain. Une fois le passage ouvert, l’eau thermale alimente continuellement la baignoire, créant un véritable bain en eau courante.
C’est là tout l’intérêt du système : contrairement aux baignoires individuelles que l’on trouve dans un établissement thermal classique, l’eau n’est pas simplement versée puis laissée au repos. Ici, elle circule en permanence à travers le bain, assurant une véritable stabilité thermique grâce à un renouvellement continu de l’eau.
C’est moins confortable, plus spartiate, mais aussi plus proche d’une source chaude.
Cavascura ne cherche pas à impressionner. Elle marque par son ancienneté.
Informations pratiques pour visiter Cavascura
Tarifs et horaires
Entrée simple pour visiter : 2 €.
Parcours thermal de base : environ 20–25 €, avec bain thermal, douche thermale, sauna naturel et espace repos selon les formules. Des soins sont aussi proposés en supplément : boues, masques, massages ou traitements spécifiques.
Les thermes ouvrent généralement d’avril à l’automne, tous les jours de 8 h 30 à 18 h. Un petit bar se trouve à l’entrée.
Bienfaits mis en avant
Les eaux de Cavascura sont surtout indiquées pour les rhumatismes chroniques, l’arthrose, les suites de fractures ou d’interventions orthopédiques, ainsi que certaines affections chroniques des voies respiratoires et ORL. Elles sont aussi mentionnées pour la peau, la circulation périphérique et la cellulite.
Où dormir près de Cavascura ?
Pour dormir dans un lieu vraiment original, l’Hotel Regina del Mare est une option à considérer : construit au bord des Maronti, près de l’accès au vallon de Cavascura, l’établissement donne l’impression d’un bateau amarré à la plage.
Sorgente di Olmitello : la source historique devenue inaccessible
À Olmitello, les ruines visibles aujourd’hui racontent moins un bâtiment unique qu’une succession d’époques.
Olmitello appartient lui aussi à cette ancienne mémoire thermale d’Ischia. Giulio Jasolino décrit le bain de Dojano, aussi appelé Ulmitello, comme une petite source jaillissant près d’un rocher, avec une eau douce, claire et chaude. Au XVIIIe siècle, Giovanni Pistoya raconte à son tour avoir retrouvé l’ancien bain presque oublié, enfoui sous le sable et les ruines d’un ancien mur, avant d’y faire aménager un petit bassin pour recueillir l’eau.
Ce qui frappe, c’est la manière dont ces anciens auteurs pensaient la force d’une eau thermale. Pour Pistoya, l’eau d’Olmitello avait davantage d’efficacité lorsqu’elle était utilisée sur place, au plus près de sa source, afin de ne pas perdre la force que lui communiquait sa “mine”, c’est-à-dire son origine minérale et souterraine. Cette idée entre en tension avec l’histoire plus récente du lieu : les bâtiments visibles aujourd’hui appartiendraient surtout à un ancien complexe thermal du début du XXe siècle, construit autour d’un captage plus ancien lié au XVIIIe siècle. Le site aurait notamment servi à recueillir l’eau, à l’embouteiller et à produire des sels thermaux.
D’un côté, une eau utilisée au plus près de son émergence naturelle, encore reliée au milieu vivant de la source ; de l’autre, une eau recueillie, embouteillée ou amenée jusqu’aux bains, déjà séparée de ce milieu. Avec la mise en exploitation, la source cesse d’être seulement un lieu que l’on rejoint : elle devient une ressource maîtrisable, dont on profite sans toujours percevoir ce qu’elle a perdu en chemin.
Fonte delle Ninfe Nitrodi : l’eau ancienne de Barano d'Ischia
Vue du ciel, Nitrodi ressemble davantage à un jardin construit autour d’une source qu’à un établissement thermal classique. Même s’il s’agit bien d’un petit complexe thermal, les terrasses végétalisées occupent l’essentiel du site et le bâtiment principal se fond dans la végétation.
L’essentiel des installations se trouve en bas, autour du bâtiment qui abrite la source. Ici, on ne vient pas vraiment pour s’immerger dans une piscine thermale. L’eau de Nitrodi s’utilise autrement : douches, lavabos et fontaine sont aménagés au milieu des plantes aromatiques et médicinales.
De petits escaliers permettent ensuite de gagner les solariums en terrasse, véritables belvédères ouverts sur le paysage. Au loin, on distingue même l’îlot rocheux de Sant’Angelo. C’est ici que les mots détente et contemplation prennent un sens fort.
Mais le cœur du lieu reste bien la source. Nitrodi est souvent présentée comme l’une des plus anciennes stations thermales encore actives au monde, connue depuis l’Antiquité et dédiée aux nymphes Nitrodi.
Or, une station thermale ancienne ne fonctionne pas comme un établissement thermal moderne : on venait chercher l’eau là où elle apparaissait, en suivant la pente naturelle du terrain.
Avec les progrès techniques du XIXe siècle, ce rapport bascule : l’eau qui s’écoulait par gravité peut désormais être relevée, dirigée et distribuée vers les installations, même lorsque cela va contre sa pente naturelle.
Ce qui distingue encore Nitrodi, c’est que l’intervention technique reste limitée : l’eau circule bien par un réseau de conduites, mais elle reste distribuée pure, directement depuis la source, sans stockage, sans traitement chimico-physique et sans recyclage, à sa température d’émergence d’environ 28 °C.
Informations pratiques pour visiter Nitrodi
Horaires et tarifs
Le parc est ouvert de 9 h 30 à 19 h. L’entrée coûte actuellement 28 € pour la journée, 24 € après 14 h et 18 € après 16 h. Les tarifs et la période d’ouverture pouvant évoluer, pensez à les vérifier avant votre visite.
Boire l’eau de Nitrodi
Nitrodi n’est pas seulement une halte pour prendre une douche thermale. Son eau se boit aussi : beaucoup moins salée que d’autres eaux thermales de l’île, avec environ 1 g de sels par litre, elle est traditionnellement recherchée pour les troubles digestifs, mais aussi pour la peau et les muqueuses.
Près de l’accueil, une fontaine permet de remplir sa bouteille sans acheter de billet pour le parc. Même durant ma courte visite, j’ai vu plusieurs personnes arriver avec des bouteilles vides, parfois tout un stock, puis repartir avec l’eau de la source. Certains viennent ainsi plusieurs jours de suite, dans une véritable logique de cure plutôt que de simple passage.
Dormir près de la source
Pour prolonger l’expérience, le plus cohérent est de dormir tout près de Nitrodi, par exemple au Nitrodi Thermal Relais, à Buonopane, sur la commune de Barano d’Ischia.
Antiche Terme Belliazzi : la source historique du Gurgitello à Casamicciola Terme
À Casamicciola, les Antiche Terme Belliazzi prolongent l’histoire du Gurgitello, l’une des sources les plus célèbres d’Ischia. Dès la fin du XVIe siècle, dans son traité consacré aux remèdes naturels de l’île, Giulio Jasolino en parle comme d’une eau de « vertu merveilleuse », autour de laquelle s’est construite une véritable réputation médicale.
L’importance accordée à cette eau se lit aussi dans les aménagements anciens. Jasolino décrit déjà des bains couverts de voûtes maçonnées, conçues pour préserver la “vertu” de l’eau de la pluie, de la neige et du vent. Il précise même que des ouvertures permettaient aux vapeurs thermales de s’échapper, afin qu’elles ne stagnent pas dans les espaces clos.
Plus de quatre siècles plus tard, cette architecture voûtée pensée autour de l’eau se retrouve encore dans le bâtiment actuel des Terme Belliazzi. Reconstruit vers 1854 sous l’impulsion de Ferdinand II de Bourbon et de la famille Belliazzi, il prolonge un site thermal bien plus ancien, organisé autour de la source du Gurgitello. Le Gurgitello reste une source naturelle historique : une eau qui s’est d’abord frayé son chemin dans le sous-sol avant d’être progressivement aménagée, protégée et utilisée.
Le lieu n’est donc pas passé directement d’une émergence libre à un grand établissement du XIXe siècle : la source a connu plusieurs phases d’aménagement, jusqu’aux voûtes basses encore visibles aujourd’hui.
Le tournant du XIXe siècle change ensuite l’échelle du lieu : les soins s’organisent dans le nouvel établissement, tandis que les espaces souterrains deviennent le cœur technique du bâtiment, une chambre de captage où l’eau est recueillie avant d’être acheminée vers les installations modernes. La source reste naturelle, mais on ne se baigne plus forcément là où elle apparaît : son usage devient maîtrisé.
Cette solidité prit tout son sens lors du terrible tremblement de terre du 28 juillet 1883. Alors que la catastrophe rasa presque tout Casamicciola, le bâtiment thermal des Belliazzi tint miraculeusement bon. Il subit des dégâts, mais ses voûtes basses et sa structure en pierre de lave, la roche volcanique locale, lui permirent de rester debout.
Si ces voûtes s’étaient effondrées, elles auraient aussi pu obturer la remontée de l’eau thermale, empêchant celle-ci de se frayer naturellement un passage jusqu’à la surface. Restauré par la suite, le bâtiment resta l’un des cœurs du thermalisme de Casamicciola, autour d’une source qui continue de jaillir naturellement.
Où dormir autour du Gurgitello ?
La Piazza Bagni del Gurgitello reste aujourd’hui un point thermal important de Casamicciola, avec les Terme Belliazzi et l’Hotel Terme Manzi. Les Belliazzi sont installées sur la source historique du Gurgitello, tandis que l’Hotel Terme Manzi exploite une émergence secondaire, issue du même système thermal profond.
Avant le séisme de 1883, la Piazza Bagni était le lieu le plus luxueux de l’île. Établissements de soins, hôtels de prestige et salons de réception accueillaient une clientèle fortunée venue de toute l’Europe pour profiter des vertus du Gurgitello. Aujourd’hui, on ne dort plus aux Belliazzi : les anciennes structures d’hébergement attenantes sont désormais en ruines, mais l’établissement reste pleinement actif pour les cures et les soins thermaux.
L’Hotel Terme Manzi, établissement 5 étoiles situé sur la même place, permet de séjourner au plus près de cette histoire.
Où dormir à Ischia ?
Lors de mon séjour, j’ai dormi au Cocos Park Ischia, un B&B situé dans un secteur calme de Forio. L’arrêt de bus se trouve à environ 5 minutes à pied, ce qui est pratique pour rejoindre plusieurs des principaux sites thermaux du sud-ouest de l’île. J’ai également apprécié le calme des lieux et, depuis mon balcon, la vue sur la mer au coucher du soleil, avec les pentes du mont Epomeo sur la droite.
L’établissement propose plusieurs types de chambres et offre un bon rapport qualité-prix pour séjourner à Ischia.
→ Voir les chambres et les disponibilités du Cocos Park Ischia
Mes conseils avant de réserver
Si les thermes sont au cœur de votre séjour, choisissez un hôtel doté de piscines thermales ou situé directement dans un parc. Vous pouvez aussi dormir près d’un site emblématique, comme Sorgeto ou Nitrodi, pour profiter plus facilement des lieux sans dépendre d’un grand établissement.
Avec un budget plus serré, privilégiez les saisons intermédiaires : de fin avril à début juin, puis de mi-septembre à octobre. Les parcs thermaux sont ouverts et les hébergements généralement moins chers qu’au cœur de l’été.
Ischia Porto reste le secteur le plus pratique pour les déplacements, les commerces et les départs matinaux en bateau. En haute saison, il peut toutefois devenir bruyant, entre le port, la circulation et la vie nocturne. Pour davantage de calme, regardez plutôt du côté d’Ischia Ponte ou choisissez un hébergement légèrement à l’écart du centre.
Enfin, si vous logez vers Sant’Angelo, Barano ou les Maronti, la demi-pension peut vraiment simplifier le séjour, surtout lorsque l’hébergement est isolé. Vous éviterez ainsi de dépendre des bus ou des taxis pour aller dîner.
Informations pratiques pour visiter Ischia
Comment rejoindre Ischia ?
Depuis Naples, Ischia se rejoint en aliscafo, plus rapide, ou en ferry. À Ischia Porto, le terminus et la billetterie des bus se trouvent près du débarcadère : vous pouvez acheter vos billets ou votre abonnement dès l’arrivée, puis poursuivre directement vers le reste de l’île.
Ischia Porto ou Ischia Ponte ?
La principale ville de l’île réunit deux quartiers aux ambiances très différentes. Ischia Porto, où arrivent la plupart des bateaux, s’organise autour du port, des commerces et du Corso Vittoria Colonna, une longue rue en grande partie piétonne.
À environ 2 km à l’est, Ischia Ponte possède davantage de charme, avec ses ruelles, ses maisons anciennes et plusieurs restaurants installés au bord de l’eau, face au Castello Aragonese. On peut facilement passer d’un quartier à l’autre à pied ou en bus.
Comment se déplacer à Ischia ?
Pour ma part, j’ai préféré le bus. Il permet de descendre près d’un site, de poursuivre la visite à pied, puis de repartir depuis un autre arrêt, sans devoir revenir chercher un véhicule garé ailleurs.
Les lignes circulaires CD et CS font le tour de l’île en sens opposés. À la mi-mai, les bus étaient parfois calmes, parfois pleins à craquer. Lors de mon séjour, l’abonnement hebdomadaire m’a coûté 14,50 €.
Que manger à Ischia ?
Malgré son caractère insulaire, la spécialité emblématique d’Ischia vient de son arrière-pays. Le coniglio all’ischitana est un lapin mijoté avec du vin blanc, de l’ail, des tomates et des herbes aromatiques. La sauce de cuisson sert traditionnellement à accompagner des pâtes, souvent des bucatini, servies avant la viande.
Ce plat rappelle l’importance de l’agriculture et de l’élevage dans l’histoire de l’île. Pour le découvrir, Il Focolare, installé sur les hauteurs du Cretaio, fait partie des adresses connues pour la cuisine traditionnelle ischitaine et le coniglio da fossa.
On trouve aussi naturellement du poisson, des fruits de mer et des pâtes aux palourdes. Parmi les digestifs locaux, le rucolino, une liqueur préparée à partir de roquette, mérite également d’être goûté.
Mon conseil : ne gardez pas les thermes pour la fin
Programmez une première expérience thermale dès le début du séjour. Vous entrerez immédiatement dans le rythme particulier d’Ischia et pourrez ensuite choisir de découvrir un autre parc, une source historique ou un bain naturel en bord de mer. Repousser les thermes au dernier jour, c’est risquer de découvrir trop tard ce qui fait une grande partie de l’identité de l’île.
🏛️ Pour poursuivre votre voyage en Campanie, retrouvez également mon article consacré à Pompéi :
→ Visiter Pompéi : itinéraire, thermes et conseils pour une première visite
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Fabrice



2 réflexions au sujet de “Visiter Ischia : l’île thermale de la baie de Naples”
Merci pour ce reportage nourri d’informations riches et d’images. J’ai voyagé. ce qui m’a fait atterrir sur la page d’Ischia, c’est d’abord la source du Perotin où mes parents m’y ont plongée petite bébé même. Puis ma famille habitant Isches depuis des générations avec comme nom Bellin, on pense que nous avions le nom Bellini et venions d’Ischia. juste une supposition.
Merci pour vos écrits prestigieux.
Mathilde
Merci Mathilde pour votre message. Votre rapprochement entre Isches et Ischia m’a intrigué : le nom d’Isches a connu au fil des siècles des formes étonnamment proches, jusqu’à être écrit « Ischia » au XVIIIe siècle. Aucun lien avec l’île italienne n’est établi, mais la coïncidence est belle.
Et puis, tout près d’Isches, Bourbonne-les-Bains rappelle que ce coin de France a lui aussi une vieille histoire avec les eaux chaudes. Au XIXe siècle, avec l’essor du thermalisme, la moindre goutte d’eau chaude qui jaillissait du sol devenait vite trop précieuse pour rester libre. De ce point de vue, le rapprochement avec Ischia prend une autre résonance.
Merci encore pour ce témoignage !