Trou de Madame : source chaude gratuite et sauvage (Landes)
- Par Nature Source Chaude
- Publié le
- Mis à jour le 13 juin 2026
À environ un kilomètre des thermes de Préchacq-les-Bains, dans la prairie du Sesca, le Trou de Madame jaillit près des berges de l’Adour. Isolé des habitations, ce point d’eau garde un lien direct avec le passé thermal du village.
Les bassins de pierre et les maçonneries visibles sur place montrent que le lieu a longtemps été fréquenté et utilisé. Ce n’est donc pas seulement une résurgence perdue dans la prairie, mais un vestige où l’eau minérale, l’histoire locale et le paysage humide des berges de l’Adour se rejoignent.
Voici comment découvrir le Trou de Madame, l’un des vestiges les plus intéressants de Préchacq-les-Bains.
AU SOMMAIRE :
Accès et découverte : un sentier pittoresque
L’accès au Trou de Madame demande une petite marche, mais elle fait partie de l’intérêt du site.
Informations pratiques pour visiter le Trou de Madame
Comment s’y rendre ?
Le départ se fait depuis le parking du Clos Pité, sur l’avenue des Sources, juste en face de l’hôtel-restaurant du même nom.
À retenir :
- Départ : parking du Clos Pité ;
- Première partie : environ 1 200 mètres sur une large route forestière ;
- Seconde partie : environ 150 mètres dans les bois ;
- Accès : libre et gratuit ;
- Terrain : facile au début, plus humide et boueux à l’approche de la source.
À noter : le terrain appartient aux thermes de Préchacq-les-Bains depuis 1998.
La promenade commence sous une peupleraie mêlée de grands chênes. Une table de pique-nique marque le début du parcours, encore facile et bien dégagé. Le changement se fait surtout lorsque l’on quitte le chemin carrossable pour entrer sous les arbres. Le sol devient plus humide, parfois boueux, et l’odeur d’œuf pourri se renforce à mesure que l’on approche de la source. C’est la marque de l’hydrogène sulfuré.
Après le petit pont de bois, au milieu d’une prairie dégagée, vous arrivez enfin au Trou de Madame.
Un peu d’histoire : du “Trou” au petit hôtel thermal
Le nom du site vient d’un usage très concret. À l’origine, le Trou de Madame était un trou d’eau et de boue, fréquenté notamment par des femmes qui venaient s’y immerger pour soulager certains inconforts du corps.
L'âge d'or (1920-1960)
Longtemps utilisée de manière rustique, la source commence à être exploitée plus sérieusement au début du XXe siècle. La famille Castaingts s’intéresse d’abord à la ressource, puis le site se développe surtout à partir de 1921, sous l’impulsion de Paul Dumartin.
En 1922, la source est captée et déplacée de quelques mètres afin d’alimenter un petit complexe thermal comprenant :
- un hôtel de deux étages avec 15 chambres ;
- un bâtiment de bains avec vestiaires, douches et baignoires.
Aujourd’hui, il n’en reste que quelques traces visibles : des pieux en bois, des vestiges de maçonnerie, des dalles et un petit bassin qui rappelle encore l’ancien usage du lieu.
Le site a finalement été démoli dans les années 1970, après son rachat par la commune. Les crues de l’Adour inondaient régulièrement les installations et finissaient par les abîmer.
Une curiosité géologique et biologique
Le Trou de Madame n’est pas seulement une ruine : c’est aussi un écosystème vivant.
Le cœur bouillonnant de la source
À l’arrivée, l’œil est vite attiré par le fond du bassin. Un large tubage vertical, immergé, concentre la remontée de la source.
Le bouillonnement reste très net à l’intérieur de ce cylindre : une colonne de bulles remonte en continu, tandis que le reste du bassin demeure beaucoup plus calme. Ce dégagement gazeux, lié notamment au dioxyde de carbone, rappelle que l’eau arrive ici avec sa propre pression, chargée des gaz dissous rencontrés en profondeur.
Pour prolonger le sujet, vous pouvez aussi lire mon article sur les bienfaits du bain chaud.
Le plancton thermal et la glairine
L’eau s’écoule ensuite vers l’Adour par une longue rigole creusée par l’homme. C’est surtout dans cet écoulement que l’on voit le mieux la dimension vivante du site : la température de l’eau, les minéraux et les dépôts y favorisent le développement d’un micro-biotope thermal, visible par endroits à l’œil nu.
Dans cette rigole, plusieurs formes sont bien visibles :
- des filaments verts, probablement liés à des organismes photosynthétiques, favorisés par la lumière, la température de l’eau et sa richesse minérale ;
- une matière blanchâtre et floconneuse, proche de ce que les anciens hydrologues appelaient glairine, barégine ou sulfuraire : un dépôt mucilagineux associé à certaines eaux sulfureuses.
Entre le bassin et l’Adour, l’eau ne fait donc pas que s’écouler. Elle dépose des matières, nourrit des micro-organismes et transforme peu à peu les parois de la rigole. Le Trou de Madame n’est pas seulement un vestige thermal : c’est aussi un petit milieu actif, où l’eau minérale poursuit son travail.
Des boues d'exception
La boue du Trou de Madame ne doit pas être vue comme un simple dépôt sale ou stagnant. Dans ce type de source, elle naît du contact entre l’eau sulfureuse, les terrains argileux, les gaz, les minéraux et les micro-organismes qui se développent dans ces milieux.
Le cliché ancien de 1892 montre bien ce que le site a perdu en changeant de forme : à l’origine, l’eau semblait s’étaler dans un trou plus large, plus boueux, non canalisé. Le contact avec le sol était plus direct, les dépôts plus présents, et le milieu probablement plus favorable au développement de cette matière thermale vivante.
Aujourd’hui, la source est plus encadrée. L’eau arrive dans un bassin maçonné, puis s’écoule par une rigole vers l’Adour. Le fond garde quelques traces de boue, mais l’eau reste très limpide. Les dépôts les plus visibles se concentrent surtout dans l’écoulement, là où l’eau ralentit, accroche les parois et laisse apparaître des filaments verts ou des matières blanchâtres.
Ces boues sulfurées ont longtemps fait partie de la réputation du Trou de Madame, notamment pour la peau et les articulations. En regardant la photo ancienne, on comprend mieux pourquoi : le site n’était pas seulement un point d’eau, mais un véritable bain de boue naturel, avant d’être capté, déplacé et canalisé.
C’est peut-être ce qui manque le plus aujourd’hui : cette immersion directe dans une boue thermale brute, formée au contact de la source elle-même.
Il faut toutefois distinguer deux choses : d’un côté, les boues cultivées et préparées dans l’établissement thermal de Préchacq-les-Bains, utilisées pour les soins ; de l’autre, la boue plus brute du Trou de Madame à son origine, lorsque la source s’étalait encore dans un trou d’eau et de boue. Le site actuel, capté et maçonné, n’a plus ce fonctionnement.
Nature de l’eau et usages traditionnels
Dans ce secteur, le thermalisme s’appuie surtout sur des eaux très chaudes, autour de 60 °C, qui doivent être adaptées avant les soins. Le Trou de Madame suit une autre logique : même captée et canalisée, l’eau arrive presque comme elle veut, déjà à une température supportable, autour de 30 °C.
C’est une eau chloro-sulfurée sodique, avec une minéralisation d’environ 2 100 mg/l. Les eaux de Préchacq sont aussi connues pour leur richesse en sulfates, en calcium, en magnésium et en potassium.
Carte d’identité de l’eau
- Température : environ 30 °C ;
- Minéralisation : environ 2 100 mg/l ;
- Caractère : eau sulfurée, fortement minéralisée.
Le Trou de Madame offre donc une baignade brute, dans une eau tiède qui n’a pas besoin d’être refroidie ou réchauffée artificiellement. Dans la tradition thermale locale, cette eau était surtout recherchée pour les soins de la peau, notamment en cas d’eczéma ou de psoriasis.
Pourquoi ça sent l'œuf pourri ?
Parce qu’ici, le soufre ne se cache pas. L’odeur d’hydrogène sulfuré est franche, persistante, immédiatement reconnaissable. Elle fait partie de l’identité du Trou de Madame : dès l’approche de la source, on comprend que cette eau n’a rien d’une eau neutre.
Cette présence du soufre explique aussi une partie de ses anciens usages. Dans la tradition thermale, les eaux sulfurées ont longtemps été recherchées pour la peau, les articulations et les voies respiratoires.
C’est ce qui rend le Trou de Madame si intéressant : une eau moins corrigée, moins filtrée par l’univers des soins, plus proche de ce qu’elle est à la sortie du sol. Une eau thermale qui ressemble encore à une source avant de ressembler à un traitement.
Pour aller plus loin sur les voies respiratoires, vous pouvez lire mon dossier : Nettoyer ses poumons avec des méthodes simples et naturelles.
Conclusion & où se loger ?
Même marqué par le béton, le bassin et les anciens aménagements, le Trou de Madame garde une vraie force. On y sent encore un thermalisme populaire, plus proche du sol que des cabines de soin. Une eau tiède, du soufre, de la boue, une prairie et l’Adour tout près.
Le lieu vaut aussi par son isolement et son dépouillement. L’ancien établissement a disparu ; la source, elle, est restée.
Il n’y a plus d’hébergement sur place. Pour dormir dans le secteur, le plus simple est de chercher autour de Préchacq-les-Bains, avec les thermes actuels à proximité, ou d’élargir vers Dax pour avoir davantage de choix.
→ Voir les hébergements et disponibilités autour de Préchacq-les-Bains
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Fabrice



