Trou de Madame : source chaude gratuite et sauvage (Landes)
- Par Nature Source Chaude
- Publié le
- Mis à jour le 18 juillet 2026
À environ un kilomètre des thermes de Préchacq-les-Bains, dans la prairie du Sesca, le site du Trou de Madame abrite encore une source thermale autour de 30 °C. Sa présence rappelle que les eaux de Préchacq ne se limitent pas aux thermes en activité.
Le bassin, les maçonneries et les vestiges visibles sur place montrent que le lieu a longtemps été fréquenté et exploité. Ce n’est donc pas seulement une source perdue dans la prairie, mais un ancien site aménagé où l’eau, les traces bâties et le paysage humide de l’Adour se croisent encore.
Le Trou de Madame révèle ainsi une facette plus discrète de Préchacq-les-Bains : celle d’une eau encore présente, à l’écart de l’établissement actuel.
AU SOMMAIRE :
Accès et découverte : un sentier pittoresque
Informations pratiques pour visiter le Trou de Madame
Comment s’y rendre ?
Le départ se fait depuis le parking du Clos Pité, sur l’avenue des Sources, juste en face de l’hôtel-restaurant du même nom.
À retenir :
- Départ : parking du Clos Pité ;
- Première partie : environ 1 200 mètres sur une large route forestière ;
- Seconde partie : environ 150 mètres dans les bois ;
- Accès : libre et gratuit ;
- Terrain : facile au début, plus humide et boueux à l’approche de la source.
À noter : le terrain appartient aux thermes de Préchacq-les-Bains depuis 1998.
La promenade commence près d’une table de pique-nique, sous une peupleraie mêlée de grands chênes. Le parcours reste facile et bien dégagé sur presque tout le trajet. Le changement se fait surtout lorsque l’on quitte le chemin carrossable pour entrer sous les arbres. Le sol devient alors plus humide, parfois boueux, et l’odeur d’œuf pourri se renforce à mesure que l’on approche de la source. C’est la marque de l’hydrogène sulfuré.
Après le petit pont de bois, au milieu d’une prairie dégagée, vous arrivez enfin au Trou de Madame.
Un peu d’histoire : du “Trou” au petit hôtel thermal
Le nom du site renvoie peut-être à un usage très concret : avant les aménagements, le Trou de Madame aurait été un simple trou d’eau et de boue, où des femmes venaient s’immerger pour s’y soigner.
L'âge d'or (1920-1960)
Longtemps utilisé de manière rustique, le Trou de Madame prend une autre forme au début du XXe siècle. Sous l’impulsion de Paul Dumartin, le site devient, à partir de 1922, un petit lieu de cure avec hébergement.
Le point de captage est alors déplacé de quelques mètres pour alimenter plus facilement les nouveaux aménagements. On y trouvait un bâtiment avec 10 chambres à l’étage, ainsi qu’un espace de bains comprenant un vestiaire, une baignoire et des douches. Un local technique complétait l’ensemble, avec une pompe à eau et une chaudière : l’eau, naturellement autour de 30 °C, était réchauffée à environ 37 °C avant les soins.
Aujourd’hui, il n’en reste que quelques traces : le bassin, des pieux en bois encore visibles dans l’eau, des maçonneries, des dalles et des vestiges épars qui rappellent l’ancien usage du lieu.
L’exploitation s’arrête en 1963. Après le rachat du site par la commune, un projet de restauration est envisagé au début des années 1970, mais il n’aboutit pas. Les bâtiments sont finalement démolis, fragilisés notamment par les crues de l’Adour.
Depuis, le Trou de Madame est redevenu un lieu presque effacé : une source encore visible, quelques vestiges, et le souvenir d’un ancien site de cure.
Une curiosité géologique et biologique
Le Trou de Madame n’est pas seulement une ruine : c’est aussi un écosystème vivant.
La remontée visible de la source
Dans le bassin, un large tubage vertical est fiché dans le fond. Il concentre la remontée de la source et rend le phénomène immédiatement visible.
À l’intérieur du tube, des bulles remontent en continu. Elles sont liées notamment au dioxyde de carbone dissous dans l’eau, et rappellent que la source arrive ici avec une pression naturelle, chargée des gaz rencontrés en profondeur.
Pour aller plus loin sur le dioxyde de carbone dissous dans l’eau thermale et les effets du bain chaud sur le corps, vous pouvez aussi lire mon article sur les bienfaits du bain chaud.
Le plancton thermal et la glairine
L’eau s’écoule ensuite vers l’Adour en empruntant une longue rigole creusée par l’homme. C’est là que le micro-biotope thermal du site devient le plus visible.
Dans cette rigole, on distingue surtout deux marques du vivant thermal : des filaments verts, favorisés par la lumière, la température de l’eau et sa charge minérale, et une matière blanchâtre et floconneuse, proche de la glairine.
Entre le bassin et l’Adour, l’eau ne fait donc pas que passer. Au contact du fond boueux, des minéraux et des micro-organismes, elle entretient une activité biologique qui transforme peu à peu la rigole. Ici, la boue mûrit naturellement, au fil de l’eau.
Une eau à part, autour de 30 °C
L’eau du Trou de Madame se distingue par sa température comme par sa composition. Elle sort autour de 30 °C et est décrite comme chloro-sulfurée sodique, avec une minéralisation d’environ 2 100 mg/l. Elle arrive donc déjà naturellement tiède, sans devoir être refroidie comme certaines eaux thermales plus chaudes.
Son caractère sulfureux se remarque aussi à l’odeur : cette note d’œuf pourri est liée notamment au sulfure d’hydrogène, que l’on retrouve dans certaines sources chaudes.
Elle ne se confond pas avec les eaux chaudes aujourd’hui exploitées par l’établissement thermal, notamment les eaux sulfatées-calciques qui sortent autour de 60 °C et doivent être adaptées avant les soins.
Où se loger ?
L’ancien Hôtel du Trou de Madame, avec ses 10 chambres, a disparu ; la source, elle, est restée.
Il n’y a donc plus d’hébergement sur place. Pour dormir dans les environs, le plus simple est de chercher autour de Préchacq-les-Bains, avec les thermes actuels à proximité, ou d’élargir vers Dax pour avoir davantage de choix.
La carte ci-dessous vous permet de repérer facilement les logements par rapport aux thermes actuels et de comparer les prix.
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Fabrice



