Source chaude de Camou-Cihigue : un trésor au Pays Basque

À Camou-Cihigue, en Soule, deux sources minérales jaillissent à quelques mètres l’une de l’autre : l’une chaude, l’autre froide. Elles sortent au pied de la roche, dans un petit vallon.

On y vient avant tout pour la source chaude. L’eau s’échappe d’une fissure rocheuse, au creux d’une petite grotte, avec une chaleur que l’on sent immédiatement au contact. Juste à côté, une source minérale plus froide rejoint le même écoulement. Le lieu gagne alors une particularité rare : deux eaux minérales, deux températures, au même endroit.

Bienvenue à Lamiña Ziloa, le « trou des Laminak », ces êtres de la mythologie basque que la tradition associe souvent aux grottes, aux sources et aux cours d’eau.

Source chaude de Camou-Cihigue

AU SOMMAIRE :

Un lieu préservé et accessible : la marche d'approche

Le site est aménagé et accessible gratuitement, mais il se trouve sur une propriété privée. Cet accès libre repose sur l’accord de la famille Aguer, propriétaire du terrain. Le respect des consignes est donc essentiel.

Informations pratiques

Comment s’y rendre ?

Le départ du sentier se situe à gauche du restaurant Aguerria.

À retenir :

  • Stationnement : garez-vous avec respect en face du restaurant, près de l’église ou de la mairie ;
  • Départ du sentier : un panneau pédagogique marque l’entrée du parcours ;
  • Distance : environ 350 mètres ;
  • Temps de marche : environ 5 minutes ;
  • Repère clé : après la ferme et la barrière canadienne, prenez le chemin de droite qui descend vers le ruisseau.

Respecter une propriété privée

Pour que l’accès reste possible, quelques règles doivent être respectées :

  • Chiens interdits : présence de troupeaux et d’animaux d’élevage ;
  • Propreté obligatoire : ne rien laisser sur place, remporter tous ses déchets ;
  • Interdiction de fumer sur le site ;
  • Discrétion : éviter toute nuisance sonore.

Le site : entre histoire thermale et décor sauvage

L’histoire de la source est liée à celle de la famille Aguer. Au début du XXe siècle, en plein essor du thermalisme, Pierre Aguer aménage le site pour mieux séparer les deux arrivées d’eau. Un petit muret en béton permet alors de distinguer la source chaude de la source froide, afin de conserver la chaleur et les qualités de l’eau.

À cette époque, l’eau était conduite jusqu’à l’auberge pour des soins en baignoire. Ce petit thermalisme local a disparu. Aujourd’hui, le rapport à la source est plus direct : on se baigne au plus près de l’émergence, dans un petit bassin aménagé au bord du ruisseau.

Source chaude de Camou-Cihigue
Source chaude de Camou-Cihigue

Une palette de couleurs

Le contraste saute aux yeux dès l’arrivée. À gauche, la boue accumulée au fond du bassin trouble l’eau de la source chaude. À droite, la source froide reste beaucoup plus transparente : on distingue le fond du ruisseau, les galets et les nuances bleutées de l’eau.

Source chaude de Camou-Cihigue
Le bassin peut accueillir jusqu'à sept personnes. Il se prolonge en partie sous la grotte.

Entre les deux, le petit muret en béton rappelle l’ancien aménagement du site. Il sépare encore les arrivées d’eau, mais sans effacer le caractère brut du lieu. Autour du bain, pas de murs lisses, peints, lavés de toute aspérité : les parois sont celles de la roche. La mousse les couvre, les fougères s’y accrochent, le lierre descend jusqu’au bord de l’eau. La source ne quitte pas son milieu.

Ce qui frappe surtout, c’est cette proximité immédiate entre deux eaux minérales auxquelles les hommes sont venus demander la santé, bien avant que le lieu devienne ce qu’il est aujourd’hui.

Composition minérale et sensations

L’eau de Camou-Cihigue n’est pas seulement chaude. C’est une eau minérale classée parmi les eaux chlorurées sodiques, sulfatées et bromurées.

Sa température varie selon les saisons, les pluies et le débit, mais elle tourne souvent autour de 35 °C. Dans le bassin, la chaleur reste assez douce pour permettre la baignade sans réglage artificiel, loin du fonctionnement d’un établissement thermal.

Une flottabilité étonnante

Une autre surprise vient de la salinité. L’eau contient environ 19 g de sels par litre, contre environ 35 g/L pour l’eau de mer. Cette minéralisation se ressent dans le bain : le corps flotte plus facilement que dans la plupart des sources chaudes où je me suis baigné, avec une sensation de légèreté assez nette.

Le bassin reste petit. Il peut accueillir environ 5 à 7 personnes, à condition de se serrer un peu. Au fond, on trouve aussi une boue sédimentaire très fine. Loin d’être collante ou désagréable, elle glisse sous les pieds et laisse la peau curieusement douce une fois sorti de l’eau.

Les bienfaits reconnus

Dans l’histoire thermale de Camou-Cihigue, ces eaux étaient traditionnellement recherchées pour accompagner le confort de personnes souffrant de :

  • rhumatismes et douleurs articulaires ;
  • affections gynécologiques ;
  • retards de croissance chez l’enfant.

Pour le bain chaud lui-même, les effets sont plus concrets : la chaleur dilate les vaisseaux, favorise la circulation, détend les tissus et peut aider à soulager certaines douleurs articulaires.

À Camou-Cihigue, cette immersion prend une forme très directe : chaleur de l’eau, forte minéralité, flottabilité naturelle et contact avec une boue fine au fond du bassin.

Pour approfondir ce sujet, vous pouvez lire mon article sur les bienfaits du bain chaud.

Où dormir pour explorer la Soule ?

Pour profiter de la source chaude de Camou-Cihigue sans courir, mieux vaut dormir dans le secteur plutôt que faire l’aller-retour dans la journée. Le site est petit, paisible, et l’expérience gagne vraiment à être vécue sans se presser.

Le point de chute le plus pratique reste Mauléon-Licharre. La ville offre davantage de services, de restaurants et d’hébergements pour explorer la Soule.

Pour un séjour plus calme et plus proche de la nature, Tardets-Sorholus et les villages voisins permettent aussi de rayonner facilement dans cette partie du Pays basque intérieur.

Voir les hébergements disponibles autour de Camou-Cihigue et Mauléon-Licharre

La carte ci-dessous vous permet de comparer facilement les emplacements, les prix et les disponibilités.

Conclusion : un sanctuaire fragile à protéger

Se baigner à Camou-Cihigue, c’est retrouver une forme de thermalisme très dépouillée : une eau thermale qui sort de la roche, arrive chargée de sels, rencontre la boue du bassin, puis poursuit son chemin dans le vallon.

C’est justement ce qui rend le lieu précieux. L’accès reste libre, mais il tient à un équilibre fragile : une propriété privée, une famille qui accepte le passage, un site naturel qui ne supporterait pas les abus. Profiter de la source, c’est donc aussi savoir rester discret et repartir sans laisser de trace.

Le souvenir du bain suffit. C’est à cette condition que Lamiña Ziloa pourra continuer d’accueillir d’autres visiteurs sans perdre son caractère.

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Fabrice

Fabrice, enchanté !

Bienvenue ! À l’écoute des bienfaits de la nature, je partage ici mes découvertes. Des sources chaudes aux piliers du vivant — l’eau, l’air et la lumière — redécouvrons ensemble notre lien profond avec les éléments.

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2 réflexions au sujet de “Source chaude de Camou-Cihigue : un trésor au Pays Basque”

  1. Bonjour, je découvre avec intérêt votre article et je prends note. Je cherchais le livre « Laminak, carnets extraordinaires d’un explorateur en Pays basque en 1840 » apparemment introuvable et c’est ce qui m’a menée ici.
    Nous avons notre point de chute à Bidache depuis de nombreuses années et y retournons en juin cette année. J’ai depuis longtemps dépassé la découverte des lieux touristiques pour m’intéresser aux endroits plus « vrais » et moins connus de ce qui est devenu mon pays de coeur. Je compte bien cette année aller voir cette source et vos explications m’aideront à coup sûr. Un grand merci.

    Répondre
    • Bonjour,
      merci beaucoup pour votre message.
      Je comprends très bien votre envie d’aller vers des lieux plus discrets, plus vrais. Bidache, avec son château et son atmosphère un peu mystérieuse, me fait d’ailleurs penser à Rennes-les-Bains ou Rennes-le-Château, dont j’ai déjà parlé dans un autre article.
      Lors de votre passage, le propriétaire du restaurant, qui est aussi celui de la source, pourra sans doute vous en dire plus : il connaît très bien l’histoire du lieu.
      Merci encore pour votre lecture, et belles découvertes en juin.

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